10 sept. 2012

Estelle Yessoh, l'Oprah Winfrey de Cote d'Ivoire.



Estelle Yessoh est ivoirienne et vit aux Etats Unis depuis douze ans. Elle part s’installer au pays de l’oncle Sam en 2000. Neuf ans après, la jeune femme se lance dans le journalisme.  Elle ne boude pas la perche qu’on lui tend à ivoirtv.net, le site internet qui révélera son sourire à ses milliers d’internautes et de visiteurs.
Arrivée timidement dans le milieu des médias aux états unis, Estelle BOUAZI Yessoh  ne se limitera pas à son boulot d’animatrice de télé web.
Elle a réussi à imposer sa plastique, sa carrure mais surtout son verbe au perchoir de toutes les cérémonies de la diaspora ivoirienne et non des moindres.
Estelle Bouazi Yessoh est la présentatrice la plus connue de la diaspora africaine francophone des USA.  « Miss cote d’ivoire Amérique 2009 », « Afrique élégance fashion show » et «  African Day » (les cinquantenaires de tous les pays africains à l’ONU) sont les  événements majeurs  qu’elle a eu la charge de piloter de bout en bout et qui ont  révélé son talent  au grand public.
Depuis lors, Estelle Yessoh compte au rang des meilleures animatrices aux Etats Unis. De quoi faire la fierté de son pays. La mission de cette Éléphant du micro, est  de montrer la face et la richesse culturelle de l’Afrique en général et de la Côte  d’Ivoire en particulier.
Aujourd’hui, à l’image de la femme la plus riche des Etats Unis, Oprah Winfrey, Estelle  a créé son émission Yestelle Show. Une émission de discussions dédiée aux artistes. Les projets, Estelle en a plein la tête. Elle a beaucoup d’autres projets qui prendront forme aux Etats Unis et certainement en Côte d’Ivoire. Une étoile est née, loin de sa terre d’origine.
En attendant la réalisation de ses projets, l’interprète - trilingue, traductrice de français, d’anglais et espagnole - Estelle Yessoh poursuit des études en MultiMedia journalisme et communication.
                                                                                              Source: flashafrikmag

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8 août 2012

Festival des escargots d' Ahoué (Alépé)

Les Ivoiriens en raffolent et les mangent à toutes les sauces: les escargots de Côte d'Ivoire, qui peuvent peser jusqu'à 400 grammes avec leur coquille, ont même leur festival qui se déroule pendant la période du 15 août à Ahoué, près d'Abidjan.

Dans la capitale économique, il n'est pas un "maquis", restaurant populaire ivoirien où l'on se réunit entre amis pour boire, manger et danser, qui n'offre des escargots, préparés en brochettes, ou bien en sauce graine, gombo, arachide, accompagnés d'attiéké (semoule de manioc) ou d'alloko (bananes plantin frites).

Les escargots ivoiriens n'ont pas grand chose à voir avec ceux consommés en France, les célèbres escargots de Bourgogne.
Ils sont au moins cinq fois plus gros, et il est hors de question d'en avaler un d'une seule traite, au risque de s'étouffer. Leur chair est ferme sans être dure, et ils ont un goût légèrement sucré qui se marie bien avec une sauce pimentée, arrosés d'une bière.

L'idée de célébrer ces impressionants mollusques qui font partie du quotidien culinaire de la Côte d'Ivoire, revient au "Léon Zitrone" ivoirien Georges Benson, 60 ans, célèbre animateur de radio et de télévision devenu producteur de spectacles.

"C'est le Président de la République qui m'a demandé de trouver quelque chose pour développer le village d'Ahoué", affirme George Benson.

Ahoué et ses quelque 4.000 habitants n'a toujours pas l'eau courante, bien qu'il soit situé à seulement une dizaine de kilomètres au nord-est d'Abidjan et dispose de deux petits lacs artificiels creusés pour l'exploitation des graviers, aujourd'hui abandonnée.

Benson, formé au début des années 60 à Paris où il a cotoyé des stars de la TV française d'alors comme Léon Zitrone, a tout de suite pensé y créer un festival de l'escargot, en raison des blagues qui circulent sur les habitants de ce village, des Akyé, sous-groupe de l'ethnie Akan.

"On dit que les Akyé tuent les escargots avec des fusils de chasse, bien sûr c'est faux, c'est une blague sur le mode de celles des Français à l'égard des Belges", explique-t-il, rappelant que les escargots se ramassent en forêt ou bien se reproduisent dans des élevages mis en place par l'Agence Nationale d'Appui au Développement Rural (ANADER).

La première édition, en 2005, a été un succès: près de 4.000 visiteurs en quatre jours, venus déguster les escargots préparés de différentes façons par les femmes du village, sur un site d'environ trois hectares que Benson est en train d'aménager pour en faire un lieu de loisirs ouvert toute l'année.

Les recettes des festivals 2005 et 2006 doivent essentiellement être utilisées pour, enfin, faire venir l'eau courante à Ahoué.

Mais le festival, qui est aussi l'occasion d'aller au bal et d'élire une "Miss escargot", dépasse les limites du site où il est organisé: partout dans le village, étals et "maquis" proposent leurs propres recettes et des artistes ont transformé les imposantes coquilles au grè de leur imagination.

L'escargot au service du développement d'un village de Côte d'Ivoire pauvre et assoupi ? L'idée pouvait paraître saugrenue et pourtant, les centaines de visiteurs qui cette année encore se sont rendus à Ahoué, semblent prouver que Georges Benson est sur le point de gagner son pari.

                                                                                                             Source: Afp

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27 juil. 2012

Rentrée universitaire: des bus électriques sur le campus de Cocody.

Bonne nouvelle pour les étudiants du campu de Cocody. Ils n'auront certainement pas à faire face au difficile problème de transport qui mine de plus en plus la ville d'Abidjan, en raison de la réduction du nombre des bus. Dès la rentrée prochaine, les pensionnaires de l'université de Cocody vont bénéficier d'un moyen de transport peu ordinaire: des bus électriques. la promesse en a été faite lors de son passage en Cote d'Ivoire il y a quelques mois par le patron du groupe Bolloré, Vincent Boloré. Hier au cours d'un déjeuner qu'il a offert à la presse, dans un restaurant de Cocody, le Directeur Général dudit groupe à Abidjan Lionel Labarre à bel et bien confirmé l'arrivée sur les bords de la lagune Ebrié de ces engins à motricité électrique. Monsieur Labarre à précisé que ces bus vont tourner sur le campus de Cocody où ils seront en expérimentation. il en a profité avec ses collaborateurs pour informer également l'auditoire de l'arrivée prochaine d'une centaine de wagons devant servir d'ici la mi-aout à renforcer les capacités de la Société Africaine de Transport par Rail (Sitarail). dans son intervention, Mr Labarre n'oubliera pas d'annoncer la candidature du groupe Bolloré à l'appel à manifestation d'Intéret relativement à la construction prochaine du 2eme terminal à conteneur d'Abidjan (TCII). Confiant en la capacité de son groupe, il à relevé bien des performances qui fondent sa sérénité non sans saluer l'embellie dans l'univers économique de la Côte d'Ivoire, au terme du premier semestre qui vient de s'écouler.

                                                                                                               Source: l'inter

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16 juil. 2012

Krako, le petit cireur devenu chausseur de stars sur internet.



Dans la vie il y a ceux qui rêvent et il y a ceux qui réalisent leurs rêves. Kra Konan Patrice appartient à cette dernière catégorie. Sa passion pour les chaussures, « Krako » la cultive depuis les années collège. Ce jeune homme de teint noir, la trentaine révolue, du haut de ses 1,76 mètres dit à qui veut l’entendre qu’il a la cordonnerie dans l’âme.

Un rêve de gosse

A la différence de ses copains de classe,  l’élève Kra Konan Patrice occupait ses vacances à sillonner les quartiers d’Abidjan muni de brosses et de boîtes à cirage. Le gamin était heureux d’offrir ses services de cireur à tous ceux qui acceptaient de lui confier leurs chaussures. Et lorsque ce « job de vacances » le conduisait dans le quartier des affaires du Plateau, il ne ratait jamais l’occasion de visiter sa « Mecque », les grands magasins de chaussures de luxe. Il passait de longues heures à lécher les vitrines de ces grands magasins en se promettant d’arriver un jour à fabriquer des chaussures de marque comme celles de son idole Jean Marie Weston.
Sans surprise, Krako arrête ses études en classe de 3eme. Il butine dans un premier temps entre plusieurs petits métiers (électronique, chauffeur de taxi communal etc.), puis finit par être rattrapé par sa passion première : devenir cordonnier fabricant de chaussures. Le jeune homme intègre donc un atelier de fabrication pour se perfectionner. L’apprentissage est très difficile au départ comme il avoue lui-même, mais la passion du métier fait la différence. Krako apprend vite, très vite même. Il maîtrise rapidement tous les contours de la fabrication d’une chaussure, depuis le traçage, la définition, le découpage, jusqu’à l’assemblage et la couture. Il n’hésite pas à démonter certaines chaussures importées pour percer leur mystère. Bref il apprend toutes les ficelles du métier au point où plus aucune chaussure n’a de secret pour lui : Mocassins, box croco, sandales, boutes, et autres paires extraplates sont fabriquées avec beaucoup de dextérité par celui qui revendique désormais le titre de Maître. Nul n’est donc surpris lorsqu’il ouvre son propre atelier de confection de chaussures peu de temps après.

Un talent fou.

A la Rue Princesse, au quartier Selmer de Yopougon où il est installé, Krako fait parler de lui à travers sa marque « Krako Design ». Hommes, femmes, enfants, tout le monde trouve chaussure à son pied chez Krako. Mais si il y a une catégorie de personnes au près de laquelle les créations de Krako ont beaucoup de succès c’est bien les « Boucantiers », les artistes de la tendance « couper décaler ». Ces stars du show-business apprécient particulièrement les chaussures aux longues pointes, les « pointinini » estampillées « krako ». Mais Krako compte également des grossistes et des détaillants au nombre de ses clients. Ses prix quand à eux sont à la portée de toutes les bourses. Ils varient entre 15 000 f cfa et 45000f cfa. Notre maître chausseur met également à contribution les NTICs dans ses stratégies de vente. Krako s’affiche sur la toile à travers son site www.krakodesign.comeze.com. Vous pouvez y admirer sa dernière collection. Vous pouvez également y passer directement vos commandes.

Un métier qui nourrit son homme.

Aujourd’hui, Kra Konan Patrice vit entièrement de son métier. En dehors de son atelier principal, il à également ouvert des succursales au quartier Maroc et à Siporex, dans la même commune de Yopougon. Il arrive ainsi à subvenir aux besoins de ses 4 enfants et de sa dulcinée avec qui il vit en concubinage. Grâce à la cordonnerie, il s’est même lancé dans le transport en mettant en ligne un taxi. Il s’est en plus offert une plantation de cacao. Il employait en permanence une quinzaine de personnes dans ses ateliers. Mais ce jeune homme qui était en train de se construire un avenir certain verra ses ardeurs freinées par l’opération « pays propre » lancée par le ministère de la salubrité urbaine. Il a vu son atelier principal rasé par les Caterpillars de Anne Desirée Oulotto. Son atelier du quartier Maroc connaîtra le même sort.

Un rêve presque brisé

La destruction de la Rue Princesse  porte un énorme préjudice à Krako. Il doit se séparer d’une bonne partie de ses employés, et pour ne pas perdre sa clientèle, notre maître chausseur est obligé d’exercer son métier dans une baraque de fortune qui lui sert désormais d’atelier. On comprend donc son amertume lorsqu’il évoque cette opération : « avant, je livrais dans les boîtes de nuit, les maquis et autres bars climatisés car la plupart de mes preneurs sont des hommes de nuit. Avec le passage de « Maman Caterpillar » on ne les voit plus. On nous demande d’entreprendre et quand on s’y met, les gens viennent détruire ce qu’on a bâti. C’est pénible ! » 

Mais Krako n’est pas homme à baisser les bras. Ses ambitions sont d’ailleurs à la mesure de sa détermination. Devenir le plus grand chausseur d’Afrique, fonder une véritable entreprise de chaussures qu’il lèguera à ses descendants avant de mourir, créer la première école de cordonnerie de Côte d’Ivoire, tout cela n’a rien de prétentieux pour ce passionné du cuir. Il pense pouvoir y arriver si l’état ou des mécènes lui accordent des moyens financiers pour booster sa petite entreprise. Pour lui, il n’est point besoin d’aller en Europe pour réussir car notre pays regorge de potentialités. Aussi recommande t-il à ses jeunes frères sans emploi de s’intéresser à la cordonnerie pour se prendre en charge. Un nouveau Francesco Smalto est né en côte d’Ivoire…suivons le de près.

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18 juin 2012

Voici le pretre ceinture noire de taekwondo


Le Père Tiémélé Tanoh Jean Pierre  est né le 22 février 1969 à Treichville. Il a été ordonné prêtre  le 23 janvier 2011 à la Paroisse Saint –Etienne de Koumassi et est,  depuis  le 15 septembre 2011, le Directeur –gestionnaire du centre Mathieu Ray. Il pratique le Taekwondo depuis l’âge de 15 ans et est actuellement ceinture noire 1ère Dan. Dans cet entretien, il invite les prêtres à pratiquer les arts martiaux et rend hommage au président de la Fédération ivoirienne de Taekwondo (Fitkd), Bamba Cheick Daniel qui, en si peu de temps, a pu réussir le pari d’organiser un championnat du monde francophone en Côte d’Ivoire. 

La fonction de prêtre est elle compatible avec la pratique des arts martiaux qui sont perçus comme  un sport violent ?
Bien au contraire, le Taekwondo n’est pas un sport violent. C’est un art martial qui, par sa pratique sérieuse et assidue, cultive en soi et développe les vertus telles que le respect, la loyauté, la droiture, l’intégrité, l’honnêteté, la fidélité, la rigueur, la justice, le courage, la courtoisie, la persévérance et surtout l’humilité. Tout ça pour vous dire que la fonction de prêtre n’est pas incompatible avec la pratique des arts martiaux. Le prêtre étant un pasteur c'est-à-dire quelqu’un qui rassemble, il ramène beaucoup de brebis à Dieu par son comportement puisqu’il exerce sa fonction avec joie. Je dirai même qu’il ya une véritable symbiose entre le Taekwondo et la religion. C’est un sport noble car sans cette discipline, je me demande bien si j’allais être à la hauteur de la tache qui m’a été confiée.

Vous avez récemment reçu la visite de Me Bamba Cheick Daniel, de quoi avez-vous parlé ?
Me Bamba Cheick était effectivement dans nos murs la semaine dernière. Nous avons parlé de la Coupe du monde francophone de Taekwondo. En tant que religieux, nous avons essayé de voir dans quelle mesure nous pouvons participer à la réconciliation nationale et faire comprendre aux gens que le sport est un facteur de paix. De plus, lors de la cérémonie d’ouverture, il est question que nous fassions une démonstration de poomse avec un Imam et un Pasteur. Par cette action, le président de la fédération veut montrer qu’on peut être ‘’croyant’’ et pratiquer les arts martiaux contrairement à ce que pense le commun des mortels.
Quelles sont, selon vous, les chances de l’équipe ivoirienne à cette compétition?
Les athlètes ivoiriens ont passé trois (3) semaines ici au centre. Ils ont  beaucoup travaillé sous la coupe du Directeur Technique national, Me Koné. Au vu de ce qui a été fait, ils peuvent glaner des lauriers. La sélection nationale regorge de très bons athlètes comme Babi Ruth, les frères Gbané, Zokou Firmin et le capitaine Obou. Ils ont beaucoup travaillé et aiment ce qu’ils font. S’ils continuent sur cette lancée, c’est sûr qu’au soir du 17 juin, ils glaneront des lauriers.

Qu’est ce que le président de la fédération a apporté aux athlètes?
 Me Bamba Cheick Daniel  est venu soutenir et galvaniser les athlètes. Il leur a demandé de travailler, les a encouragés et leur a fait comprendre que leur présence au centre Mathieu Ray n’est pas un hasard. Il leur a également fait comprendre que même si c’est un combat individuel, c’est toute la Côte d’Ivoire qui est à l’honneur à travers la présence des trente pays qui  se sont réunis pour cette compétition.
Quels sont vos projets ?
Je souhaite que toutes les structures ecclésiales aient des clubs de Taekwondo. Ce n’est pas pour combattre mais c’est surtout pour la santé. J’invite les prêtres à la pratique du sport et à implanter des clubs de Taekwondo dans les différentes paroisses. Au centre Mathieu Ray et au petit séminaire d’Aboisso j’y ai installé un club de Taekwondo.
Qu’avez-vous à dire pour terminer?
Nous disons merci au président Bamba Cheick qui a mis tout son cœur dans le Taekwondo. En si peu de temps, il a pu drainer trente pays en Cote d’Ivoire et organiser un championnat du monde. Nous lui devons reconnaissance. Aux athlètes, je voudrais leur dire que toute la Côte d’Ivoire est derrière eux. Ils ont beaucoup de chance de réussir. Il suffit qu’ils aient confiance en eux. Enfin, nous invitons les prêtres,  en somme les Ivoiriens à pratiquer le Taekwondo qui dégage un feeling et qui donne une paix intérieure.
                                                                                                Interview réalisée par Affia Marie
                                                                                                     Source : Le Democrate

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11 mai 2012

A la découverte du Village Rasta!


Le sentiment de marginalisation dont ils sont l’objet les a poussés il y a quinze ans à quitter l’ambiance de la grande ville d’Abidjan, pour se retrouver un peu plus au sud, dans la commune de Port-Bouët, et à y créer leur village, le Village Rasta. Eux, ce sont les rastas ou rastafariens, les adeptes de la doctrine et de la philosophie liées à l'empereur éthiopien Haïlé Sélassié. Au Village Rasta, on vit à la fois si loin et si proche de la population abidjanaise et du reste de la société ivoirienne. 

Marginalisation
"Nous les Rastas, nous sommes bannis, nous sommes marginalisés, nous avons un rapport difficile avec le reste de la société, qui nous juge par notre simple apparence, les habits que nous portons, nos dreads (longues chevelures - ndlr) et parce que nous dénonçons l'injustice où qu'elle soit", affirme Assiman Joy Charly, le Chef du Village Rasta, lorsqu'on lui demande comment est née l'idée de la création de ce village lacustre, qui enregistre de nombreuses âmes aujourd'hui.

Communauté grandissante
Difficile de faire un inventaire réel de la population du Village Rasta. "Je ne peux vous dire exactement combien nous sommes à ce jour. Puisque nous recevons quotidiennement de nouveaux venus, des rastas ou des personnes qui aspirent à vivre comme les rastas mais qui ne peuvent vivre pleinement leur vie de rasta dans leur famille", reconnaît Assiman Charly.
La population du Village ne cesse en effet de grandir. Chaque jour, le Village enregistre de nouveaux arrivants, des jeunes pour la plupart. La raison principale de leur arrivée est presque toujours la même : les rapports conflictuels avec les parents, les forces de l’ordre (pour la consommation de marijuana ou du chanvre indien) ou avec l'entourage.

Au travail
De quoi vit-on au Village Rasta ? "On vit de travail bien entendu ! Jah – Dieu - Le Créateur, a condamné l’humanité au travail. L’homme doit vivre à la sueur de son front. Ici, nous vivons de notre travail. Chacun vit de son talent", poursuit Charly.
Le talent, les habitants du Village Rasta n’en manquent pas. Les colliers, les sandales, les vêtements et les nombreux objets d’arts qui sont exposés dans les échoppes à l’entrée du Village et devant les cabanes à l’intérieur du Village en disent long sur leurs auteurs.
Koko Shenko est rasta et artiste-peintre. Sa fiancée (également rasta) et lui vivent au Village depuis quelques années. La plupart des fresques murales du Village sont de lui. "Mes tableaux et autres objets d’art sont vendus à l’extérieur du Village, ce qui me permet d’avoir de l’argent, juste pour vivre décemment, pas pour mener une vie de luxe", clame-t-il.
A l’intérieur du Village, un espace musical dénommé Gnandem a été ouvert, où les jeunes rastas, amoureux de la musique reggae, exercent leurs talents d’artistes musiciens et de chanteurs.

Ne pas rompre totalement les liens
Les jeunes rastas ne vivent pas reclus au Village, même s’ils ont des contacts de plus en plus restreints avec l’extérieur ! Désormais, le contact avec le reste de la société se fait par leurs œuvres d’art qu’ils sortent vendre au coin de rue, dans les quartiers de la ville d’Abidjan avant de regagner le Village une fois la nuit tombée !
Le Village est aussi ouvert aux touristes et l’espace Gnandem aux amoureux de la musique reggae. Les visites et les nuits musicales génèrent aussi des sous.

Toujours incompris
"A quoi cela rime de porter de grosses nattes sur la tête et de gros vêtements aux couleurs rouge jaune et vert ? Quelle philosophie défendent les habitants du village rasta?" s’interroge Thierry Comoé, hostile au mouvement rasta. "La société veut des gens propres, des gens normaux. Les rastas du Village se marginalisent eux-mêmes et crieront après que la société les marginalise, voyons !" s’exclame Thierry !
S’ils sont toujours incompris par une partie de la société ivoirienne, les habitants du Village Rasta ne comptent pas que des adversaires. Ils ont également des supporters, des inconditionnels.

Des supporters, inconditionnels
Christian Dido, animateur dans une station radio de la place, en fait parti. Il est "irrité" dit-il, quand il entend des personnes blâmer les habitants du Village rasta. « Les rastas du Village sont positifs, c’est des moines ! C’est des adeptes d’une religion qui leur impose le port des dreads et de fumer régulièrement de la gandja (herbe - ndlr)… Ils ne sont guère violents !, soutient Christian.

Retour incertain.
Pour la plupart des jeunes, amoureux de la musique reggae et sympathisants de l’idéologie rasta, en rupture de ban avec la cellule familiale et la société et qui ont trouvé refuge au Village Rasta, le retour à la case de départ semble des plus incertains. Ras Solo, 19 ans, l’un de ces jeunes, s’est installé au Village depuis environ six mois maintenant.
"Je me sens mieux ici. Je vis avec des frères avec qui je partage la même philosophie de la vie. Retourner au quartier, à la maison, auprès des parents, maintenant ? Non, je n’y songe même pas ! Je n’y retournerai peut-être plus jamais", affirme Solo !
Voir toutes les images du village rasta.
                                                                                                      Par  Selay Marius Kouassi
                                                                                                      Source:Radio Netherlands 

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12 avr. 2012

Voici pourquoi viande est perdu dans sauce.

    
         Il était une fois un village où la viande manquait cruellement dans les sauces. Les habitants qui tenaient à la paix dans leur village faisaient bouillir dans leurs sauces de gros morceaux de légumes qui finissaient par imiter parfaitement la texture de la viande cuite. C’est de cette façon qu’ils trompaient leurs palais et calmaient les pleurs des enfants.

      On s’accommodait bien de cette situation dans ce petit village lorsque la sauce  elle-même vint à manquer dans les assiettes. Les complaintes maugrées jusque-là dans chaque case se firent alors plus insistantes, et les cris des enfants, plus stridents. Les villageois auraient bien aimé sortir dehors crier leur faim, mais les Libérateurs, un groupe de jeunes guerriers très excités paradait à longueur de journée dans le village, sagaie au point, on ne savait trop pourquoi. Finalement les pleurs et complaintes parvinrent, on ne sut par quel miracle aux oreilles de Chef-du-village. Il convoqua d’urgence ses notables à un conseil avec comme unique point à l’ordre du jour… le retour de la viande dans les sauces.

        On prit soin de convier Récital-de-Télénovelas-Indien, le griot du village à ce conseil. On aurait pu simplement l'appeler par ses initiales. Mais on l’appelait ainsi à cause de sa propension à raconter des histoires à l’eau de rose à travers le village. Il en racontait à toute heure : dès 10h00, à 11h00, à 12h00, à 13h00, à 18h00, à 19h30 et même à 22h00 ! Au point où, un jour, pour le railler, un fils têtu du village ne manqua pas de lui faire remarquer que ses histoires n’avaient certes pas le même début, mais avaient toutes la même fin. C’est que Récital-de-Télénovelas-Indien en faisait vraiment trop. Et les mauvaises langues ne tardèrent pas à l’accuser de dépraver les mœurs des femmes et des jeunes filles du village. Certains maris qui en avaient les moyens s’étaient d’ailleurs, à prix d’or, attachés les services de griots privés pour permettre à leurs familles d’écouter d’autres histoires que celles mille fois ressassées par Récital-de-Télénovelas-Indien.

        C’est pourtant lui qui, à la fin du conseil fut chargé d’aller partout dans le village annoncer la bonne nouvelle des résolutions arrêtées par Chef-du-village  et ses notables. Mais Récital-de-télénovelas-indien était de ces griots qui connaissaient parfaitement la tradition. Il savait que quand on l’envoyait, il devait savoir s’envoyer. Aussi prit-il soin d’expliquer aux villageois que Chef-du-village avait été très sensible à leurs plaintes, que de graves décisions avaient été arrêtées pour que non seulement la viande travaille, mais surtout qu'elle circule et retourne dans leurs sauces, que ce retour était imminent, et patati, et patata…
Puis les jours passèrent et la viande ne fit pas son retour dans les sauces.

        C’est alors que Notable-en-chef, un notable qui venait d’être fraîchement propulsé à la tête des notables du village entreprit de descendre en personne à la place du marché, très décidé à retrouver la viande et à la faire revenir dans les sauces. C’est que Notable-en-chef prenait ses nouvelles fonctions très au sérieux ! Il s’arma pour cette visite de son chapeau le plus large, de ses lunettes les plus fumées, de sa dernière chemise hawaïenne et de son plus beau sourire. Il aurait voulu partir en villégiature qu’il ne se serait pas vêtu autrement. Savait-il seulement que femme affamée ne se maîtrise point ? En tout cas, le griot qui rapporta cette visite plus tard assura que Notable-en-chef  avait, au cours de sa visite, poursuivi la viande jusque dans ses derniers retranchements, l’avait capturé et la ferait bientôt revenir dans les sauces. Comme à son habitude, Récital-de-télénovelas-indien se garda bien de révéler que Notable-en-chef avait été copieusement tancé par des femmes très remontées qui n’avaient pas raté l’occasion de sa visite pour crier leur famine.
Puis les jours passèrent et la viande ne revint toujours pas dans les sauces.

        L’affaire était visiblement en train d’humilier la chefferie. Les notables étaient à cours d’idées face à la disparition de la viande dans les sauces lorsque l’un des leurs, qui se sentait une âme de releveur de défis,  entreprit de tenter un dernier baroud d’honneur. Robin-des-viandes, c'est ainsi qu'il s'appelait, était le notable en charge des bouchers et chasseurs. Il fit appeler ces derniers dans sa case, certainement échaudé par la mésaventure vécue par son prédécesseur au marché du village. Mais plus que le lieu de la rencontre, c’est la proposition qu’il fit à ses visiteurs qui amusa tout le village : il demanda simplement aux bouchers et chasseurs de se saigner pour fournir de la viande au village. On savait depuis plusieurs générations que  dans ce village, la spécialité des bouchers et chasseurs était de faire saigner le gibier. Mais pas de se faire hara-kiri… Aussi ne fut-on pas étonné lorsque quelque jours plus tard, Robin-des-viandes, qui était allé s’assurer du retour effectif de la viande, déclara que sur les 5 sauces auxquelles il avait goûté aux abords du palais royal, seules 2 sauces donnaient juste une impression de retour de viande.
Puis les jours passèrent et la viande ne revint toujours pas dans les sauces.

        Moralité de l’histoire : ni Robin-des-viandes, ni ses compères de la notabilité n’étaient prêts à réduire les taxes pour permettre le retour de la viande dans les sauces. Ils n’étaient même pas prêts à bannir du village les nombreux intermédiaires qui empêchaient la viande de circuler en rond. Ils ne songeaient surtout pas à faire désherber les pistes broussailleuses et boueuses du village qui empêchaient la viande d’accéder aisément aux sauces. Pire, ils ne songeaient même pas à donner aux jeunes  désœuvrés du village reconvertis en joueurs d’awalé les moyens et le soutien nécéssaires pour élever leurs propres bêtes. Bref, ils firent tout sauf trouver des solutions pour permettre au village d’avoir de la viande en abondance. Et pourtant ils avaient la possibilité d’arrêter de troquer le peu d’or  qu’il restait au village contre de la viande dans les villages voisins.
        Et c’est depuis ce jour … que viande est perdu dans sauce.

                                                                               
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7 avr. 2012

Pr Ake Assi Laurent publie le Vidal de l'Afrique.


 Dédicace-hommage 

 

        Voici un ouvrage que chacun de nous devrait précieusement garder à son chevet. « Abrégé de médecine et pharmacopée africaines : quelques plantes employées traditionnellement dans la couverture des soins de santé primaire » contient 157 pages de connaissances sur les vertus thérapeutiques des plantes. Rédigé dans l'objectif est de faire découvrir les plantes qui soignent les maladies principales, il est la nouvelle publication du célèbre ethnobotaniste, le Professeur Laurent Ake Assi. Cette œuvre de haute portée scientifique se veut un pont entre médecine moderne et médecine traditionnelle. Elle a été dédicacée par son auteur le mercredi 7 mars dernier à l’institut Goethe d’Abidjan Cocody. 
        Ce fut l’occasion pour la communauté scientifique et universitaire de saluer cette initiative du grand maître et chercheur. Et c’est le Pr Sery Bailly qui ouvrira le bal des hommages en affirmant que si la médecine moderne à son Vidal, les guérisseurs traditionnels ont désormais leur Abrégé ou leur Aké Assi. Le Pr Ouattara Assana Sangaré, pharmacien biologiste et ancien ministre lui emboîtera le pas. Cette scientifique de haut vol, marraine de la cérémonie de dédicace et auteur de la préface de l’œuvre n’a pas tari d’éloges à l’endroit de l’auteur qu’elle côtoie depuis 1974 et à qui elle voue une énorme admiration.

Une oeuvre très aboutie


        C’est que Abrégé de médecine et pharmacopée Africaines est une œuvre très documentée dans laquelle le Professeur Aké Assi décrit chacune des 53 plantes thérapeutiques les plus couramment et quotidiennement utilisées en Côte d’Ivoire. Il  indique leur répartition géographique ainsi que les principales maladies qu’elles permettent de soigner. L’abrégé est rédigé dans un langage accessible aux non initiés dans le but de vulgariser la botanique et faire avancer la cause de cette science. La simplicité est même poussée jusqu'à donner les noms usuels et les noms dans nos différentes ethnies des plantes médicinales étudiées. Il est pratique et facile à consulter pour rechercher la plante qui soigne une maladie donnée ou les différentes maladies que peuvent traiter nos plantes. L’iconographie de l’œuvre est également très soignée car chaque plante à été dessinée de façon très réaliste à la main par le technicien dessinateur Amon Aya Lazarre, proche collaborateur du Pr Aké Assi. Le tout est présenté dans du papier glacé de haute qualité qui fait de Abrégé de médecine et pharmacopée africaines une véritable œuvre d’art.
        On comprend donc pourquoi les 250 copies destinées à la vente sur place à 5000f CFA la copie le jour de la dédicace n’ont pas suffit. Ils se sont arrachés comme de petits « wonmi » par les nombreux admirateurs du vieux savant qui avaient pris d’assaut la salle de spectacle du Goethe institut dès 16H00. Le Pr Aké Assi a répondu à cette marque de sympathie en rédigeant un mot gentil dans chacune leur copie de l’abrégé.

Le génie de la forêt ivoirienne.


        Le Professeur Aké Assi, faut-il le rappeler est professeur titulaire de botanique à la faculté des sciences et techniques de l’université d’Abidjan. Autodidacte, rien ne lui prédisait un destin de chercheur. Parti en France avec le niveau CE1 pour un simple stage de botanique à la demande de Feu le Président Houphouët Boigny , il en revient avec une thèse de doctorat. Il consacre toute sa vie à l’étude et à la défense de la flore ivoirienne. Il crée à son retour de formation en Europe le jardin botanique de l’université d’Abidjan, une forêt artificielle de plusieurs hectares dans laquelle il fait pousser toutes les espèces végétales de Cote d’Ivoire, y compris des espèces aujourd’hui disparues du fait de l’activité humaine. Il constitue également l’herbier du Centre National Floristique de l’université de Cocody, une sorte de bibliothèque pour plantes dans laquelle il conserve sous forme séchée des extraits de toutes les plantes de Côte d’Ivoire et de la sous région sous forme séchée, soit près de 22 250 espèces végétales à la disposition des étudiants et autres chercheurs. C’est l’herbier le plus riche du continent Africain.
         Aujourd'hui à la retraite, le Pr Aké Assi continue d’être sollicité pour la formation de botanistes dans plusieurs pays du monde. Il est professeur encadreur de plusieurs thèses de doctorat en botanique. Membre de 9 sociétés savantes dans le monde, Aké Assi est auteur de plus de 120 publications. On dit dans le milieu des botanistes qu’aucune plante n’a de secret pour ce vieux savant que d’aucun considèrent comme le plus grand botaniste de notre continent. Chercheur discret et très peu connu chez lui en Cote d’Ivoire c’est récemment qu’il à été révélé par un documentaire que lui consacrait la chaîne française TV5 à la demande de l'Organisation Internationale de la Francophonie.

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