22 oct. 2012

L' INTERNAUTE LE PLUS INFIDELE D'ABIDJAN.


Je le confesse, je suis l’internaute le plus infidèle d’Abidjan. Je suis une sorte de Don Juan numérique. Un véritable coureur de connexion.
Ma première compagne, je l’ai rencontrée au détour d’une pub. ADSL qu’elle s’appelait. Elle eut beau me répéter la définition de son nom, je n’ai jamais pu le retenir. J’ai kiffé sa souris de PC montée sur des roues de véhicule dès notre première rencontre. J’allais souvent mâter discrètement son modem à l’agence de téléphonie du quartier. Ce que je l’ai désirée ! J’ai été l’homme le plus heureux du monde le jour où j’ai pu finalement m’acquitter de sa dot : 49.000f CFA de frais d’abonnement et un téléphone fixe pour la connexion permanente. Je l’ai installée le soir même dans mon foyer et nous avons passé notre lune de miel. Oh my God, ce qu’elle assurait ! 128K par seconde. Nous vécûmes heureux pendant de nombreuses années, jusqu’au jour où au détour d’une autre pub, je fis la rencontre de Wimax allias V 3000.
Wimax  venait d’arriver dans le quartier et sa couleur jaune ne passait pas inaperçue. Croyez-le ou non, c’est elle qui la première me fit des avances. Elle m’expliquât qu’elle portait ce nom à coucher dehors parce qu’elle n’exigeait pas que je l’installe dans mon foyer, qu’elle m’accompagnerait dans tous mes déplacements, pour le meilleur et pour le pire. Elle ajouta surtout qu’elle était la meilleure au pieu : 3 Mega par secondes. Ce dernier argument fit mouche. Il toucha ma sensibilité d’homme. Je commençai subitement à trouver de nombreux défauts à ADSL, ma première compagne : elle était incapable de fonctionner tant que le téléphone fixe n’était pas rechargé ; les coupures fréquentes de câbles téléphoniques dans le quartier me privaient de ma dulcinée pendant de longues semaines ; les queues interminables à l’agence pour payer les factures m’étaient de plus en plus insupportables.
Notre couple ne résista pas. Je me séparai d’avec ADSL en de bons termes (je conserve encore son modem dans mes affaires à ce jour). Les mois qui suivirent, je m’acquittai de la dot de Wimax (39.000f cfa) et l’installai sur mon PC. Elle tint toutes ses promesses : elle me comblait de toutes ses grâces et m’accompagnait dans mes sorties. Je la présentais fièrement à tous mes copains. Je prenais vraiment mon pied. J’étais un homme comblé. Mais ce bonheur avait un prix.

Wimax était de ces filles très difficiles à entretenir. 19.000Fcfa ne lui suffisaient pas souvent à boucler le mois. Pire, elle limitait le nombre de nos rapports à 4Giga par mois, un véritable supplice pour l’insatiable que je suis. Notre idylle ne tint que quelques mois. Je me retrouvai finalement à surfer à l’œil chez des copains ou au boulot. Je squattais les cybers en me promettant de ne plus jamais lever les yeux sur un panneau publicitaire. Chat échaudé craint l’eau froide, dit-on, et trop, c’en était vraiment trop. C’est justement le moment que choisit 3G pour me décocher ses premiers clins d’œil.
3G était la cousine par alliance d’ADSL, ma première compagne. La pudeur, elle ne connaissait pas : panneaux, journaux, radio, télé, elle ne ratait aucune occasion de m’envoyer des appels de phares. Elle alla jusqu’à se livrer à des strip-tease sur le vénérable et distingué  pont Houphouet Boigny de la capitale économique ivoirienne, pour être sûre de ne rater aucun de mes passages. Mais elle eu beau me harceler, je restai stoïque. Devant mon indifférence, 3G se montra encore plus entreprenante. Elle m’envoya Drogba Didier himself pour me vanter ses charmes. Mais le pachyderme en chef eut beau arracher tous les filets de tous les poteauxd’Abidjan de ses tirs aussi puissants qu’irréalistes, je restai de marbre : on lui demandait de réaliser de telles prouesses en coupe d’Afrique et non devant des gamins de quartier.
 Ma sérénité commençait par me surprendre moi-même. Mais pas 3G. Elle abattît sa dernière carte : elle m’offrît de la posséder pendant 3 mois moyennant juste 15.000f CFA. Quel homme doué de sens pourrait résister à une telle offre ? Voici comment un  Lundi matin très ensoleillé, alors que toutes les personnes normales se rendaient à leur travail, je me jetai dans la première agence de téléphonie du quartier. J’en ressortis quelques minutes plus tard avec mon butin bien planqué au fond de mon sac. Il n’était pas question qu’un vulgaire pick pocket me privât de ma nouvelle conquête. C’est que j’avais un plan pour 3G ce soir: elle clamait sur tous les toits quelle était capable de propulser n’importe quel homme au 7eme ciel en deux temps et…3Gémissements, eh bien je me shooterais de mon côté au viagra et seul Dieu pourrait nous sauver d’une overdose.
Pour le bon déroulement de ce derby, je créai toutes les conditions : ambiance feutrée à la chandelle, Jazz langoureux en fond sonore, la classe quoi ! Les préliminaires ? Nous les ignorâmes superbement. Nous ouvrîmes directement les hostilités. Mais à peine avions nous atteint le 2ème ciel que nous nous engouffrâmes au 3ème sous sol en battant le record du monde du saut en chute libre. Ma partenaire s’essoufflait au moindre effort. Pour quelqu’une qui me promettait le 7ème ciel à la vitesse 3G ça commençait à bien faire. Je recommençai encore et encore, sans plus de succès. C’est à ce moment que, brulant de désir et encore allumé comme une torche olympique, j’eus le reflex de lui demander la signification de son nom. « 3ème Gaou », me répondît-elle d’un sourire moqueur.

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16 oct. 2012

Francophonie : une ivoirienne sermonne Hollande en Nouchi.


Le président français subit son baptême du feu africain lors du sommet de la Francophonie à Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo, les 13 et 14 octobre. Au pied de la passerelle d’embarquement, Mahi, une Ivoirienne, lui adresse ses dernières recommandations.
François Hollande et l’Afrique, une, première…On se souvient de François Mitterrand, de son discours de La Baule, mais aussi de Chirac dans son village françafricain, de Sarkozy et son brûlot  de Dakar. Que nous réserve le nouveau président socialiste dans un marigot où la realpolitik, la défense des intérêts nationaux engloutissent  les convictions les plus affirmées? Va-t-il nous servir une vieille soupe réchauffée?

A écouter les échos qui reviennent de l’Elysée, on apprend que François Hollande se fait bombarder quotidiennement de notes, de rapports sur les derniers avatars des Etats africains. Des communications rédigées le plus souvent par des docteurs es Afrique, pompeusement baptisés «africanistes», ne connaissant souvent du continent noir que les aéroports et les chambres d’hôtels de luxe. Mahi, une Ivoirienne, fraîchement débarquée en France, a voulu adresser au président français quelques remarques avant ce sommet de la Francophonie. En nouchi, ce français imagé qu’on parle dans les rues d’Abidjan. D’où, parfois une nécessaire traduction en pure langue de Molière.

La francophonie


«Prési, lance Mahi à François Hollande. Prési, c’est plus choco (plus classe, moins ringard) que président. Dis-moi, votre affaire de francophonie dont vous parlez tout le temps, c’est quoi? Tout ce qu’on voit, c’est un président blanc, un grand chef qui réunit tous ses notables pour faire le point sur la mission qu’il leur a confié.

Francophonie, faut nous affairer (informer) parce que nous, on comprend rien. François Hollande, on veut entendre de ta propre bouche ce que francophonie veut dire. Faut nous expliquer  parce qu’aujourd’hui on va prendre drap (on veut tout savoir) de l’affaire. Et puis tu as dit aussi que d’ici 2050, 80% des francophones seront Africains. Ca là, c’est quoi encore? C'est-à-dire, c’est nous seuls qui, d’ici 2050, allons parler français. Et les blancs, eux ils vont plus parler français? Ils parleront quoi? Je vais te dire une chose, peut-être prési tu sais pas, mais nous, on a fini avec français.

 Français, on a mis ça à gauche (de côté) même. Actuellement, tous nos enfants, on leur apprend anglais en désordre (de façon forcenée). Dans tous les pays francophones, on fait rien avec français. Depuis que vous êtes en train de créer les palabres de gauche à droite dans nos pays, on est fâchés, en même temps, ça chauffe nos cœurs. Prési, je dois te dire ça. Nous on a commencé à créer notre langage.»

Le discours de Dakar

 Prési, reprend Mahi, président Sarkozy avait dit que l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire. Ca là, toi-même qui est là actuellement, qu’est ce que ça veut dire? Moi-même, je ne comprends pas. C’est foutaise. Nous on a des grands hommes. Nelson Mandela, c’est blanc, c’est métis, c’est quoi? C’est noir, c’est Africain. Nous on a des Mogho Naaba (roi du Burkina de 1957 à 1981).
L’histoire, quand c’est pas blanc, c’est pas l’homme (on n’est pas considéré). Lui, Sarkozy, il a parlé, mais toi, faut nous dire. Ce que l’autre a dit, peut-être, tu penses ça. Faut nous dire, on veut prendre drap dans ça (on veut savoir).      

Les élections truquées

Prési, faut m’expliquer une autre chose encore. Dans ton ministère là-bas, il paraît qu’il y a des gens qui disent qu’il faut faire la morale aux présidents africains pour qu’ils arrêtent de tricher aux élections. Vous saviez bien qu’il y avait eu des tricheries dans les élections et puis vous composez avec ces présidents-là. Mais c’est quelle affaire ça? Ca me dépasse, franchement!  Chaque fois qu’il y a des élections, il y a des tricheries et vous dites «non, tout s’est bien passé».

 Maintenant aujourd’hui, vous parlez de les moraliser. C’est quelle morale, vous allez donner? Commencez par vous-mêmes. Quand quelqu’un triche et qu’on compose avec, on triche aussi. Si vous arrêtez de vous occuper de ce qui se passe dans nos politiques, je crois qu’il n’y aura pas de problème. Quand le peuple se lève, il y a des chars qui se lèvent aussi pour le calmer. Votre histoire de moralité, faut revoir ça. Gardez là et laissez nous gérer nos affaires.

L’immigration

 Prési, tu veux savoir pourquoi on est versés (nombreux)  sur le Mbènguè (en Europe) actuellement. Je vais te dire maintenant, on n’a pas le choix. On est venus se chercher ici. Il n’y a rien au pays actuellement. Politique a  tout  gâté (gâché) là-bas. On va faire quoi? On n’a qu’à s’asseoir, on va mourir de faim chez nous là-bas. Ici, au moins, même si tu n’as rien, tu peux avoir un peu de jetons (argent) pour ramener dans ton pays. On sait qu’ici, il y a des frères qui gâtent notre nom par leur comportement. Ils vous trauma-choquent, vrai-vrai. Nous-mêmes, on est au courant.
Ce n’est pas pour ça que vous allez penser que c’est tout le monde. On n’est pas tous zinzins (déréglés). Il y en a aussi qui travaillent et étudient ici. Un matin, on va avoir un Obama parmi nous.

                                                                                              Propos recueillis par Philippe Duval
                                                                                                   http://www.slateafrique.com/

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10 oct. 2012

VERONE MANKOU CHOISIT ABIDJAN POUR DEVOILER LE PREMIER SMARTPHONE AFRICAIN


         
          Il a fait sensation en lançant en Janvier 2012 la première tablette tactile android conçue en Afrique. Il récidive quelques mois plus tard avec un smartphone made in Africa. En prélude au salon Africa Télécom People, Verone Mankou a présenté son nouveau téléphone à toute la presse et à la population ivoirienne. L’événement n’a pas fait beaucoup de bruit. Et poutant il s’agit d’une première pour le continent africain.
          Elikia, le premier smartphone conçu au Congo a été présenté le 29 Septembre dernier à l’Hôtel Ivoire d’Abidjan par Verone Mankou, son concepteur. Sanglé dans un costume noir, chemise claire et sans cravate, le jeune entrepreneur congolais a justifié le choix d’ Abidjan pour la présentation de son nouveau né  par le fait que la Cote d’Ivoire est un marché très dynamique dans le secteur des télécoms. Il envisage même l’ouverture d’une filiale de son entreprise VMK sur les bords de la lagune Ebrié pour faciliter la commercialisation du nouveau téléphone.
          Pour le SteveJobs africain de 27 ans,  Elikia constitue une véritable révolution car conçu entièrement au niveau de toutes ses applications au Congo et assemblé, comme ses principaux concurrents, en Chine où les prix sont très abordables. Son développement a nécessité un an de travail et un investissement de 90 mille euros (60 million de francs CFA).
          C’est que Elikia est un concentré de technologies qui n’a rien à envier à la concurrence : le smartphone dispose d’un écran tactile de 3.5 pouces griffé VMK (« vou mou ka » en dialecte Kituba signifiant « réveillez-vous ») ; Il tourne sur un système d’exploitation Android Gingerbread (2.3.6), un microprocesseur de 650 Mhz, une RAM de 512 Mo et une mémoire interne de 126 Mo extensible à 32 Giga à l’aide d’une carte mémoire. Doté d’un appareil photo d’une résolution de 5 Megapixels, le téléphone est également compatible avec les réseaux  3G, wifi et bluetooth. Il est équipé d’un système de géolocalisation et d’un gyroscope. Grand plus, Elikia embarque une batterie d’une autonomie de 6 heures pour naviguer sur internet. Et comme toute marque de téléphone qui se respecte, ce smartphone possède sa propre plateforme d’achat en ligne dénommée VMK Market qui permettra aux utilisateurs de télécharger des applications en ligne et aux développeurs de faire connaitre leurs applications.
          Cette perle technologique africaine possède tout de même de belles mensurations (11cm x 6 cm x 1.25cm pour un poids de 150 grammes). Elle est disponible en trois coloris :blanc,  rose et noir et sera commercialisé à 85 000 francs CFA (soit 130 euros) . Verone Mankou estime que ce prix est raisonnable car il permettra à un maximum de personnes d’avoir accès aux nouvelles technologies. Mais il insiste aussitôt sur la qualité des composants de son téléphone et précise même qu’il sera garanti 1 an. Voilà qui rassurera certainement les plus septiques.
          L’objectif du jeune entrepreneur  est de vendre 50.000 unités en 1 an dont 10.000 dès le premier trimestre de son lancement.
Verone Mankou, le Steve Jobs Africain.

          VeroneMankou est Attaché aux Nouvelles Technologies au Ministère congolais des Postes, des Télécoms et des NTICs. Titulaire d’un baccalauréat et d’un BTS en maintenance et réseaux obtenu à Pointe Noire au Congo, ce pur produit du système scolaire congolais crée en 2009 VMK, une start up spécialisée dans les technologies mobiles et la création de sites web. Personne ne croit alors en cet illuminé de 25 ans lorsqu’il avance l’idée de créer une tablette tactile dans un Congo où même la fourniture d’électricité pose problème. Mais le jeune PDG ne baisse pas les bras. Il réinvestit les premiers bénéfices de sa jeune entreprise dans ce projet fou. Son obstination finit par payer quelque années plus tard car, avec pour seul soutien une aide du ministère congolais de l’industrie, il offre à l’Afrique sa première tablette tactile baptisée Way-C. Son entreprise Pèse aujourd’hui 380.000 euros et emploie 13 personnes dont 3 en chine.

          Vérone Mankou fait partie de ces africains qui pensent qu’il ne faut pas désespérer de notre continent. En baptisant son smartphone Elikia (« espoir » en Lingala), c’est justement le message qu’il veut faire passer :

        « L’Afrique sommeille encore du point de vue des nouvelles technologies, mais le réveil
           est proche ».

          Ses projets vont également vont dans le même sens : créer prochainement un ordinateur à 100 dollars et une tablette double écran éducative.
          Coté jardin, ce  célibataire et père d’un enfant se présente lui-même comme un homme simple. Il a toujours détesté les costumes jusqu'à ce qu’on l’oblige à en porter un au ministère. Il se sent  plus à l’aise en chemise et jeans. Vous voulez lui faire plaisir ? Offrez-lui simplement du riz au poulet.

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10 sept. 2012

Estelle Yessoh, l'Oprah Winfrey de Cote d'Ivoire.



Estelle Yessoh est ivoirienne et vit aux Etats Unis depuis douze ans. Elle part s’installer au pays de l’oncle Sam en 2000. Neuf ans après, la jeune femme se lance dans le journalisme.  Elle ne boude pas la perche qu’on lui tend à ivoirtv.net, le site internet qui révélera son sourire à ses milliers d’internautes et de visiteurs.
Arrivée timidement dans le milieu des médias aux états unis, Estelle BOUAZI Yessoh  ne se limitera pas à son boulot d’animatrice de télé web.
Elle a réussi à imposer sa plastique, sa carrure mais surtout son verbe au perchoir de toutes les cérémonies de la diaspora ivoirienne et non des moindres.
Estelle Bouazi Yessoh est la présentatrice la plus connue de la diaspora africaine francophone des USA.  « Miss cote d’ivoire Amérique 2009 », « Afrique élégance fashion show » et «  African Day » (les cinquantenaires de tous les pays africains à l’ONU) sont les  événements majeurs  qu’elle a eu la charge de piloter de bout en bout et qui ont  révélé son talent  au grand public.
Depuis lors, Estelle Yessoh compte au rang des meilleures animatrices aux Etats Unis. De quoi faire la fierté de son pays. La mission de cette Éléphant du micro, est  de montrer la face et la richesse culturelle de l’Afrique en général et de la Côte  d’Ivoire en particulier.
Aujourd’hui, à l’image de la femme la plus riche des Etats Unis, Oprah Winfrey, Estelle  a créé son émission Yestelle Show. Une émission de discussions dédiée aux artistes. Les projets, Estelle en a plein la tête. Elle a beaucoup d’autres projets qui prendront forme aux Etats Unis et certainement en Côte d’Ivoire. Une étoile est née, loin de sa terre d’origine.
En attendant la réalisation de ses projets, l’interprète - trilingue, traductrice de français, d’anglais et espagnole - Estelle Yessoh poursuit des études en MultiMedia journalisme et communication.
                                                                                              Source: flashafrikmag

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8 août 2012

Festival des escargots d' Ahoué (Alépé)

Les Ivoiriens en raffolent et les mangent à toutes les sauces: les escargots de Côte d'Ivoire, qui peuvent peser jusqu'à 400 grammes avec leur coquille, ont même leur festival qui se déroule pendant la période du 15 août à Ahoué, près d'Abidjan.

Dans la capitale économique, il n'est pas un "maquis", restaurant populaire ivoirien où l'on se réunit entre amis pour boire, manger et danser, qui n'offre des escargots, préparés en brochettes, ou bien en sauce graine, gombo, arachide, accompagnés d'attiéké (semoule de manioc) ou d'alloko (bananes plantin frites).

Les escargots ivoiriens n'ont pas grand chose à voir avec ceux consommés en France, les célèbres escargots de Bourgogne.
Ils sont au moins cinq fois plus gros, et il est hors de question d'en avaler un d'une seule traite, au risque de s'étouffer. Leur chair est ferme sans être dure, et ils ont un goût légèrement sucré qui se marie bien avec une sauce pimentée, arrosés d'une bière.

L'idée de célébrer ces impressionants mollusques qui font partie du quotidien culinaire de la Côte d'Ivoire, revient au "Léon Zitrone" ivoirien Georges Benson, 60 ans, célèbre animateur de radio et de télévision devenu producteur de spectacles.

"C'est le Président de la République qui m'a demandé de trouver quelque chose pour développer le village d'Ahoué", affirme George Benson.

Ahoué et ses quelque 4.000 habitants n'a toujours pas l'eau courante, bien qu'il soit situé à seulement une dizaine de kilomètres au nord-est d'Abidjan et dispose de deux petits lacs artificiels creusés pour l'exploitation des graviers, aujourd'hui abandonnée.

Benson, formé au début des années 60 à Paris où il a cotoyé des stars de la TV française d'alors comme Léon Zitrone, a tout de suite pensé y créer un festival de l'escargot, en raison des blagues qui circulent sur les habitants de ce village, des Akyé, sous-groupe de l'ethnie Akan.

"On dit que les Akyé tuent les escargots avec des fusils de chasse, bien sûr c'est faux, c'est une blague sur le mode de celles des Français à l'égard des Belges", explique-t-il, rappelant que les escargots se ramassent en forêt ou bien se reproduisent dans des élevages mis en place par l'Agence Nationale d'Appui au Développement Rural (ANADER).

La première édition, en 2005, a été un succès: près de 4.000 visiteurs en quatre jours, venus déguster les escargots préparés de différentes façons par les femmes du village, sur un site d'environ trois hectares que Benson est en train d'aménager pour en faire un lieu de loisirs ouvert toute l'année.

Les recettes des festivals 2005 et 2006 doivent essentiellement être utilisées pour, enfin, faire venir l'eau courante à Ahoué.

Mais le festival, qui est aussi l'occasion d'aller au bal et d'élire une "Miss escargot", dépasse les limites du site où il est organisé: partout dans le village, étals et "maquis" proposent leurs propres recettes et des artistes ont transformé les imposantes coquilles au grè de leur imagination.

L'escargot au service du développement d'un village de Côte d'Ivoire pauvre et assoupi ? L'idée pouvait paraître saugrenue et pourtant, les centaines de visiteurs qui cette année encore se sont rendus à Ahoué, semblent prouver que Georges Benson est sur le point de gagner son pari.

                                                                                                             Source: Afp

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27 juil. 2012

Rentrée universitaire: des bus électriques sur le campus de Cocody.

Bonne nouvelle pour les étudiants du campu de Cocody. Ils n'auront certainement pas à faire face au difficile problème de transport qui mine de plus en plus la ville d'Abidjan, en raison de la réduction du nombre des bus. Dès la rentrée prochaine, les pensionnaires de l'université de Cocody vont bénéficier d'un moyen de transport peu ordinaire: des bus électriques. la promesse en a été faite lors de son passage en Cote d'Ivoire il y a quelques mois par le patron du groupe Bolloré, Vincent Boloré. Hier au cours d'un déjeuner qu'il a offert à la presse, dans un restaurant de Cocody, le Directeur Général dudit groupe à Abidjan Lionel Labarre à bel et bien confirmé l'arrivée sur les bords de la lagune Ebrié de ces engins à motricité électrique. Monsieur Labarre à précisé que ces bus vont tourner sur le campus de Cocody où ils seront en expérimentation. il en a profité avec ses collaborateurs pour informer également l'auditoire de l'arrivée prochaine d'une centaine de wagons devant servir d'ici la mi-aout à renforcer les capacités de la Société Africaine de Transport par Rail (Sitarail). dans son intervention, Mr Labarre n'oubliera pas d'annoncer la candidature du groupe Bolloré à l'appel à manifestation d'Intéret relativement à la construction prochaine du 2eme terminal à conteneur d'Abidjan (TCII). Confiant en la capacité de son groupe, il à relevé bien des performances qui fondent sa sérénité non sans saluer l'embellie dans l'univers économique de la Côte d'Ivoire, au terme du premier semestre qui vient de s'écouler.

                                                                                                               Source: l'inter

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16 juil. 2012

Krako, le petit cireur devenu chausseur de stars sur internet.



Dans la vie il y a ceux qui rêvent et il y a ceux qui réalisent leurs rêves. Kra Konan Patrice appartient à cette dernière catégorie. Sa passion pour les chaussures, « Krako » la cultive depuis les années collège. Ce jeune homme de teint noir, la trentaine révolue, du haut de ses 1,76 mètres dit à qui veut l’entendre qu’il a la cordonnerie dans l’âme.

Un rêve de gosse

A la différence de ses copains de classe,  l’élève Kra Konan Patrice occupait ses vacances à sillonner les quartiers d’Abidjan muni de brosses et de boîtes à cirage. Le gamin était heureux d’offrir ses services de cireur à tous ceux qui acceptaient de lui confier leurs chaussures. Et lorsque ce « job de vacances » le conduisait dans le quartier des affaires du Plateau, il ne ratait jamais l’occasion de visiter sa « Mecque », les grands magasins de chaussures de luxe. Il passait de longues heures à lécher les vitrines de ces grands magasins en se promettant d’arriver un jour à fabriquer des chaussures de marque comme celles de son idole Jean Marie Weston.
Sans surprise, Krako arrête ses études en classe de 3eme. Il butine dans un premier temps entre plusieurs petits métiers (électronique, chauffeur de taxi communal etc.), puis finit par être rattrapé par sa passion première : devenir cordonnier fabricant de chaussures. Le jeune homme intègre donc un atelier de fabrication pour se perfectionner. L’apprentissage est très difficile au départ comme il avoue lui-même, mais la passion du métier fait la différence. Krako apprend vite, très vite même. Il maîtrise rapidement tous les contours de la fabrication d’une chaussure, depuis le traçage, la définition, le découpage, jusqu’à l’assemblage et la couture. Il n’hésite pas à démonter certaines chaussures importées pour percer leur mystère. Bref il apprend toutes les ficelles du métier au point où plus aucune chaussure n’a de secret pour lui : Mocassins, box croco, sandales, boutes, et autres paires extraplates sont fabriquées avec beaucoup de dextérité par celui qui revendique désormais le titre de Maître. Nul n’est donc surpris lorsqu’il ouvre son propre atelier de confection de chaussures peu de temps après.

Un talent fou.

A la Rue Princesse, au quartier Selmer de Yopougon où il est installé, Krako fait parler de lui à travers sa marque « Krako Design ». Hommes, femmes, enfants, tout le monde trouve chaussure à son pied chez Krako. Mais si il y a une catégorie de personnes au près de laquelle les créations de Krako ont beaucoup de succès c’est bien les « Boucantiers », les artistes de la tendance « couper décaler ». Ces stars du show-business apprécient particulièrement les chaussures aux longues pointes, les « pointinini » estampillées « krako ». Mais Krako compte également des grossistes et des détaillants au nombre de ses clients. Ses prix quand à eux sont à la portée de toutes les bourses. Ils varient entre 15 000 f cfa et 45000f cfa. Notre maître chausseur met également à contribution les NTICs dans ses stratégies de vente. Krako s’affiche sur la toile à travers son site www.krakodesign.comeze.com. Vous pouvez y admirer sa dernière collection. Vous pouvez également y passer directement vos commandes.

Un métier qui nourrit son homme.

Aujourd’hui, Kra Konan Patrice vit entièrement de son métier. En dehors de son atelier principal, il à également ouvert des succursales au quartier Maroc et à Siporex, dans la même commune de Yopougon. Il arrive ainsi à subvenir aux besoins de ses 4 enfants et de sa dulcinée avec qui il vit en concubinage. Grâce à la cordonnerie, il s’est même lancé dans le transport en mettant en ligne un taxi. Il s’est en plus offert une plantation de cacao. Il employait en permanence une quinzaine de personnes dans ses ateliers. Mais ce jeune homme qui était en train de se construire un avenir certain verra ses ardeurs freinées par l’opération « pays propre » lancée par le ministère de la salubrité urbaine. Il a vu son atelier principal rasé par les Caterpillars de Anne Desirée Oulotto. Son atelier du quartier Maroc connaîtra le même sort.

Un rêve presque brisé

La destruction de la Rue Princesse  porte un énorme préjudice à Krako. Il doit se séparer d’une bonne partie de ses employés, et pour ne pas perdre sa clientèle, notre maître chausseur est obligé d’exercer son métier dans une baraque de fortune qui lui sert désormais d’atelier. On comprend donc son amertume lorsqu’il évoque cette opération : « avant, je livrais dans les boîtes de nuit, les maquis et autres bars climatisés car la plupart de mes preneurs sont des hommes de nuit. Avec le passage de « Maman Caterpillar » on ne les voit plus. On nous demande d’entreprendre et quand on s’y met, les gens viennent détruire ce qu’on a bâti. C’est pénible ! » 

Mais Krako n’est pas homme à baisser les bras. Ses ambitions sont d’ailleurs à la mesure de sa détermination. Devenir le plus grand chausseur d’Afrique, fonder une véritable entreprise de chaussures qu’il lèguera à ses descendants avant de mourir, créer la première école de cordonnerie de Côte d’Ivoire, tout cela n’a rien de prétentieux pour ce passionné du cuir. Il pense pouvoir y arriver si l’état ou des mécènes lui accordent des moyens financiers pour booster sa petite entreprise. Pour lui, il n’est point besoin d’aller en Europe pour réussir car notre pays regorge de potentialités. Aussi recommande t-il à ses jeunes frères sans emploi de s’intéresser à la cordonnerie pour se prendre en charge. Un nouveau Francesco Smalto est né en côte d’Ivoire…suivons le de près.

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18 juin 2012

Voici le pretre ceinture noire de taekwondo


Le Père Tiémélé Tanoh Jean Pierre  est né le 22 février 1969 à Treichville. Il a été ordonné prêtre  le 23 janvier 2011 à la Paroisse Saint –Etienne de Koumassi et est,  depuis  le 15 septembre 2011, le Directeur –gestionnaire du centre Mathieu Ray. Il pratique le Taekwondo depuis l’âge de 15 ans et est actuellement ceinture noire 1ère Dan. Dans cet entretien, il invite les prêtres à pratiquer les arts martiaux et rend hommage au président de la Fédération ivoirienne de Taekwondo (Fitkd), Bamba Cheick Daniel qui, en si peu de temps, a pu réussir le pari d’organiser un championnat du monde francophone en Côte d’Ivoire. 

La fonction de prêtre est elle compatible avec la pratique des arts martiaux qui sont perçus comme  un sport violent ?
Bien au contraire, le Taekwondo n’est pas un sport violent. C’est un art martial qui, par sa pratique sérieuse et assidue, cultive en soi et développe les vertus telles que le respect, la loyauté, la droiture, l’intégrité, l’honnêteté, la fidélité, la rigueur, la justice, le courage, la courtoisie, la persévérance et surtout l’humilité. Tout ça pour vous dire que la fonction de prêtre n’est pas incompatible avec la pratique des arts martiaux. Le prêtre étant un pasteur c'est-à-dire quelqu’un qui rassemble, il ramène beaucoup de brebis à Dieu par son comportement puisqu’il exerce sa fonction avec joie. Je dirai même qu’il ya une véritable symbiose entre le Taekwondo et la religion. C’est un sport noble car sans cette discipline, je me demande bien si j’allais être à la hauteur de la tache qui m’a été confiée.

Vous avez récemment reçu la visite de Me Bamba Cheick Daniel, de quoi avez-vous parlé ?
Me Bamba Cheick était effectivement dans nos murs la semaine dernière. Nous avons parlé de la Coupe du monde francophone de Taekwondo. En tant que religieux, nous avons essayé de voir dans quelle mesure nous pouvons participer à la réconciliation nationale et faire comprendre aux gens que le sport est un facteur de paix. De plus, lors de la cérémonie d’ouverture, il est question que nous fassions une démonstration de poomse avec un Imam et un Pasteur. Par cette action, le président de la fédération veut montrer qu’on peut être ‘’croyant’’ et pratiquer les arts martiaux contrairement à ce que pense le commun des mortels.
Quelles sont, selon vous, les chances de l’équipe ivoirienne à cette compétition?
Les athlètes ivoiriens ont passé trois (3) semaines ici au centre. Ils ont  beaucoup travaillé sous la coupe du Directeur Technique national, Me Koné. Au vu de ce qui a été fait, ils peuvent glaner des lauriers. La sélection nationale regorge de très bons athlètes comme Babi Ruth, les frères Gbané, Zokou Firmin et le capitaine Obou. Ils ont beaucoup travaillé et aiment ce qu’ils font. S’ils continuent sur cette lancée, c’est sûr qu’au soir du 17 juin, ils glaneront des lauriers.

Qu’est ce que le président de la fédération a apporté aux athlètes?
 Me Bamba Cheick Daniel  est venu soutenir et galvaniser les athlètes. Il leur a demandé de travailler, les a encouragés et leur a fait comprendre que leur présence au centre Mathieu Ray n’est pas un hasard. Il leur a également fait comprendre que même si c’est un combat individuel, c’est toute la Côte d’Ivoire qui est à l’honneur à travers la présence des trente pays qui  se sont réunis pour cette compétition.
Quels sont vos projets ?
Je souhaite que toutes les structures ecclésiales aient des clubs de Taekwondo. Ce n’est pas pour combattre mais c’est surtout pour la santé. J’invite les prêtres à la pratique du sport et à implanter des clubs de Taekwondo dans les différentes paroisses. Au centre Mathieu Ray et au petit séminaire d’Aboisso j’y ai installé un club de Taekwondo.
Qu’avez-vous à dire pour terminer?
Nous disons merci au président Bamba Cheick qui a mis tout son cœur dans le Taekwondo. En si peu de temps, il a pu drainer trente pays en Cote d’Ivoire et organiser un championnat du monde. Nous lui devons reconnaissance. Aux athlètes, je voudrais leur dire que toute la Côte d’Ivoire est derrière eux. Ils ont beaucoup de chance de réussir. Il suffit qu’ils aient confiance en eux. Enfin, nous invitons les prêtres,  en somme les Ivoiriens à pratiquer le Taekwondo qui dégage un feeling et qui donne une paix intérieure.
                                                                                                Interview réalisée par Affia Marie
                                                                                                     Source : Le Democrate

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