24 janv. 2012

On met pas notre cœur sur eux cette année.


copyright:caric-actu

        Les ivoiriens ont vraiment du talent. « Ils ont fini avec ça » comme ils disent eux-mêmes. Et en la matière, ils viennent d’ajouter un autre trophée à leur palmarès. Champions du monde de l’autodérision, maîtres incontestés de l’auto flagellation, recordmen de l’autocensure.
        A l’occasion de cette Coupe d’Afrique des Nations, il faut les entendre dans leurs salons, dans les rues, sur les marchés et dans les bureaux. Il faut entendre les ivoiriens parler de leur équipe nationale qui participe à cette coupe : «cette année on met pas notre cœur sur eux », « on sait que c’est pour aller verser notre figure par terre encore ». A la maison, ma sœur cadette à même dit : « je regarde même pas leur ballon-là même cette année ». Et comme pour joindre l’acte à la parole, les ivoiriens ne se sont pas vraiment arrachés les imitations de maillots de l’équipe nationale chez les vendeurs ambulants comme c’est généralement le cas pendant la période de la CAN. Les taxis et autres Wôrô-wôrô n’ont pas affiché unanimement le petit drapeau national sur leurs antennes. On n’a pas entendu de joutes verbales passionnées au sujet de l’équipe nationale dans les lieux publics. Bref, rien de cette frénésie qui s’empare habituellement d’Abidjan à l’approche de cette compétition.
        Même les annonceurs qui attendent habituellement cette période pour nous bombarder de campagnes publicitaires aux accroches patriotiques forcées ne se sont pas montrés particulièrement loquaces cette année à part quelque grosses firmes. Que dire alors de ces hymnes aux éléphants d’une qualité musicale douteuse rapidement pondus pour la circonstance par nos chers artistes? En tout cas on ne nous a pas rabâché les oreilles cette année avec des « éléphants oooooooooh !, éléphant aaaaaaaaaaah ! » produits dans des studios d’enregistrement à deux sous. Dieu Merci.
        J’étais donc en train de croire que mes compatriotes étaient déçus de leur équipe nationale. J’ai même failli être convaincu que le peu de patriotisme qu’il  restait encore aux ivoiriens avait fini par être tué par les échecs successifs de l’équipe nationale de foot en Coupe d’Afrique. Mais les indices de mon erreur ont commencé à s’accumuler  à quelques heures de l’entrée en lice des éléphants Dimanche dernier : Les rues se sont miraculeusement vidées. Vraiment bizarre pour un peuple déçu de son équipe. A la maison, celle qui proclamait son désintérêt  pour cette compétition quelques jours plus tôt fut la première à saisir la zapette. Fallait voir cette férue de feuilletons brésiliens zapper entre les deux seules chaînes de télé qui retransmettaient ce match pour déterminer laquelle de ces chaînes était en avance sur l’autre. Vraiment bizarre tout ça. Puis est arrivé l’unique but de la partie marqué par le pachyderme en chef Didier Drogba. J’ai alors entendu une clameur se lever d’un quartier « désintéressé » par la Coupe d’Afrique. J’ai vu des ivoiriens déçus par leur équipe célébrer la victoire de cette même équipe. Je suis même sorti au balcon me rassurer qu’il n’y avait pas un nouveau « gbangban » dans la capitale. Des sons de Vuvuzela sont venus me rassurer dans ce quartier qu’on dit huppé et d’ordinaire si calme. Tout simplement surréaliste. J’ai fini par comprendre que les ivoiriens aiment vraiment se mentir à eux même.
                Arrêtons ça.
         Le patriotisme n’est pas cette femme qu’on peut répudier au gré de ses humeurs. On a le droit d’être déçu par les prestations en demi-teinte de notre équipe nationale. On a le droit d’être frustré par des joueurs dont le manque d’enthousiasme en équipe nationale frise quelque fois la tricherie, tant ces mêmes joueurs brillent dans les championnats européens. Mais on n’a pas le droit de ne pas se sentir concerné par les prestations de notre équipe nationale, cette équipe qui joue en notre nom à tous. On a pas le droit d’attendre que les éléphants se qualifient pour le second tour de cette CAN pour sortir nos drapeaux et autre maillots. Notre devoir est de les soutenir, quitte à manifester nos récriminations à la fin de la compétition. Et puis si nous ne soutenons pas notre propre équipe nationale, ce ne seront certainement pas les français - si occupés en ce moment à fouiller tous les coins et recoins pour retrouver une lettre de l’alphabet perdue récemment - qui viendront le faire à notre place. Le patriotisme ne se nourrit pas que de victoires. Il se manifeste également dans notre capacité à nous serrer les coudes, même dans la défaite.
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17 janv. 2012

Bresh, le Dj non voyant au doigté magique.


Il est très connu dans le quartier de Sicogi à Koumassi. Ses collaborateurs que nous rencontrons, nous font savoir que ce Disc-jockey, ne travaille que les weekends. Nous prenons donc rendez-vous pour le dimanche 04 décembre. Ce jour-là, nous arrivons aux alentours de 16h. Après trois heures d’attente, nous apercevons la silhouette de celui que nous attendons. Le maquis est plein. La musique est forte. Certains clients ne tiennent plus sur leurs chaises. Une casquette vissée sur la tête, un tee-shirt tendance, Dj Bresh arrive et se dirige tout droit vers sa cabine. Sans trop de difficultés d’ailleurs. Nous le retrouvons quelques minutes après pour échanger.

Une enfance difficile à l’origine de sa force mentale.

      Déjà tout petit dans son village de Dakouritro à Lakota, le jeune Bresh exprimait son autorité par la violence physique. Pour lui, c’était une façon de se faire respecter de tous ses amis du même âge qui le trouvaient peut-être vulnérable, vu son handicap. Même s’il subissait les railleries et autres provocations de ses amis, il n’attendait pas longtemps pour marquer son territoire de façon musclée. Aujourd’hui, il pense même que cette violence lui a été d’un apport fondamental. « Cela peut vous paraître paradoxal mais c’est par cette violence physique que j’ai pu surmonter mon handicap. Plus j’étais violent, plus je me sentais fort. Et j’ai très tôt appris à me faire respecter. Comme pour vous dire qu’à l’époque, on ne me marchait pas dessus… », indique le Dj. Qui précise qu'ayant perdu la vue en classe de CE1, il s’est progressivement forgé un mental à toute épreuve car il était sûr d’une chose : les sentiers qui le mèneraient à la réussite seraient forcément parsemés d’embûches. Lui, qui est en train de subir une hérédité biologique venant de sa mère atteinte de la myopie. Mais malgré tout, il décide de tracer les chemins de son destin…

A la rencontre d’une passion.

        Son handicap ne l’empêche pas de suivre un cursus scolaire normal : « J’ai fait l’institut des aveugles du CP1 au CM2. Après quoi, j’ai été orienté au Lycée Municipal de Yopougon avant de faire un Brevet de Technicien Supérieur en Communication. Et comme ma passion pour l’animation avait déjà pris forme au contact d’un de mes professeurs du Lycée en l’occurrence Marie-Cathérine Koissy, j’ai continué à me former à l’animation audiovisuelle dans une école de la place d’où je suis reparti avec un diplôme ». Un parcours qui lui ouvre les portes du monde professionnel. Un monde où rien n’était gagné d’avance. Surtout quand on est non-voyant. Et le fils de Dassé le savait.

De la frustration à la reconnaissance.

        Quand Bresh décide d’affronter le marché du travail, il se heurte tout de suite à la stupéfaction de son entourage. Même ses parents n’y croient pas. Encore moins l’un de ses cousins à qui il demandait de lui trouver un maquis où il pourrait faire valoir ses talents d’animateur. Mais lui, était sûr de ses qualités : « Le fait que mes parents n’y croyaient pas me donnait encore plus l’envie de faire ce métier… ». Après une longue période de disette, il finit par s’insérer dans le milieu des animateurs et autres disc-jockeys. « A Yopougon où j’avais été engagé dans un célèbre maquis après le départ d’Erickson Le Zulu, j’ai dû démissionner pour mauvais traitement. Le manager ne me supportait pas », indique-t-il. Même si Bresh est moins bavard sur les raisons de son départ, l’on devine aisément que son handicap a fait douter les responsables de ce maquis. Loin de perdre espoir, le jeune Disc-jockey et non voyant réussit tout de même à se frayer progressivement un chemin pour enfin atterrir dans la commune de Koumassi. Ces moments-là, il s’en souvient encore: « Après avoir animé dans de nombreux maquis à Yopougon, je suis arrivé à Koumassi. Et depuis quatre années, j’y suis et je forme beaucoup de jeunes. Je me souviens qu’à mon arrivée dans ce maquis, tout le quartier se déplaçait pour venir me voir animer… ».

Le non-voyant au doigté magique veut chanter.

        A la question de savoir comment il s’y prend pour manipuler la console où se trouve une cinquantaine de boutons, voici sa réponse : « Au début, c’était difficile, mais au fil du temps, je me suis familiarisé avec la console. Maintenant, je sais où se trouve tel ou tel réglage. Pour les CD, je me fais aider par mes collaborateurs…Vous savez, avant tout, je suis musicien parce que je joue du clavier. J’ai joué avec Stevie Wonder et j’ai participé à l’album de Julie Mabéa. J’ai formé beaucoup de jeunes et j’en suis fier. Aujourd’hui, mon voeu le plus cher, c’est de sortir un album. Moi, je dis toujours que le sixième sens n’existe pas. Car même si mon sens du toucher est aujourd’hui développé, j’ai toujours un sens en moins qui est la vue… », fait savoir le Dj. Comme pour dire, même dans le “noir’’, on peut se construire un avenir…Sacré Bresh !!!

                                                                                                                    Olivier Valère
                                                                                                                Source :allo police


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10 janv. 2012

Dobet Gnahore : biographie d’une artiste aux multiples talents.

      C’est avec humour qu’elle se remémore l’incident : un véritable crime la façon dont le présentateur prononça son nom à la soirée de remise des Grammy Awards en 2006. Là où il fallait prononcer Do-bé-nia-or-é sans prononcer le T du prénom et le G du nom, le pauvre présentateur qui n’avait pas été prévenu massacra littéralement le nom de l’artiste qui sonna quelque chose de bizarre comme Dobett Gawore. Il y a peu de chances que cet incident se reproduise car l’inconnue qu’était Dobet Gnahoré à cette époque s’est imposée aujourd’hui comme l’une des stars montantes de la musique urbaine mondiale. A 30 ans, elle est déjà comparée aux sommités telles Myriam Makeba et Hughes Masekela. Une artiste au faîte de son art comme le prouve la centaine de spectacles qu’elle donne chaque année à travers le monde, soit un spectacle tous les 3 jours. Mais Dobet Gnahoré, c’est également la tête d’affiche multirécidiviste de tous les festivals qui se respectent. C’est la raffleuse notoire de trophées et autres distinctions, c’est l’enflammeuse professionnelle des plus grandes scènes du monde. Bref, un casier artistique très lourd. Et Malgré la reconnaissance internationale dont elle écope en ce moment, Dobet Gnahoré demeure une illustre inconnue dans son pays d’origine la Côte d’ivoire.
Elle est allée à bonne école.
      Née le 17 juin 1982 à Abidjan, Dobet Gnahoré à grandi en Cote d’ivoire. Son penchant pour les arts s’affirme dès l’école primaire : elle préfère la danse à la marelle, les tambours aux poupées. Pouvait-il en être autrement quand on est la fille ainée de Bony Gnahoré, maître percussionniste de la compagnie Ki-yi M’bock d’Abidjan ? Aussi vrai que les chats n’enfantent pas de souris la fille du plus célèbre percussionniste de Cote d’Ivoire quitte l’école dès l’âge de 12 ans pour rejoindre la troupe de son père au village Ki-yi. C’est dans ce village artistique crée en 1980 par Wèrè-wèrè Liking pour la formation artistique des jeunes qu’elle entame son initiation à l’art de la danse, du chant, du théatre et de la percussion. Elle apprend aux côtés de certains des meilleurs artistes du continent Africain. Des artistes d’âge, de culture et d’origines divers qui résident tous en permanence dans le village. Des artistes qui pratiquent des disciplines aussi diverses que la sculpture, la peinture, la danse, le théatre, la musique. C’est qu’en créant le village Ki-yi, le rêve de Wèrè-wèrè Liking était de créer un mouvement pour l’émergence d’une culture panafricaine !
      1996 marque un tournant dans la vie de Dobet Gnahoré. Cette année, Colin Laroche de Féline, un jeune guitariste français de 19 ans débarque dans le villlage artistique. Venu pour un stage de 3 jours apprendre les mélodies et rythmes africains, cet originaire d’Aix-en-provence arrive au Ki-yi M’bock juste au moment où le guitariste attitré de la troupe vient de partir et cela à quelque jours d’un spectacle important. Colin le remplacera à ce spectacle et deviendra pour les trois années qui suivront guitariste de la troupe. Mais en bon guitariste, il mettra également ces trois années à profit pour faire vibrer le cœur de la jeune Dobet. La belle et le blanc finissent par confondre instruments et sentiments. Et c’est finalement devant le maire que cette symphonie qui se jouait secrètement se conclura en 1999.

L’exil forcé.
      Mais 1999, c’est également l’année où la Côte d’Ivoire connaît son premier coup d’état. Cet événement précipite ce pays considéré jusqu’alors comme l’un des plus stables du continent Africain dans un cycle d’instabilité politique et social. Le jeune couple est contraint d’aller s’installer à Marseille en France. Le duo travaille dans un premier temps tout seul sous le nom de Ano Neko (créons ensemble) en langue Bété. Il revient à quelques occasions en Côte d’Ivoire quand la situation socio-politique le permet. C’est le cas en 2001 lorsqu’il participe au Marché des Arts et du Spectacle Africain (MASA). Ce séjour est mis à profit pour enregistrer 8 titres sous la direction artistique de Feu Marcelin Yacé. Ces 8 titres, complétés plus tard en 2003 par d’autres titres enregistrés en Belgique, constitueront l’ossature du premier album portant le nom du duo et sorti en 2004. L’album Ano neko, fortement inspiré de la situation socio-politique en Cote d’Ivoire, est un appel à la paix, à l’espoir et à l’amour. Il est produit par le label belge Contre-jour, dénicheur de talent qui a pris en main la destinée du groupe depuis un an. D’autres musiciens, guitaristes, percussionnistes, choristes rejoindront la formation qui sera rebaptisée du nom de la danseuse. Grâce au soutien constant de leur label, à la fréquence des spectacles et aux performances de plus en plus convaincantes  de la danseuse, le groupe Dobet Gnahoré gagne en notoriété. Le déclic viendra d’un événement anodin. Une invitation à participer à la tournée acoustique Africaine Putumayo en 2006 aux côtés de grands musiciens comme Vusi Mahlasela et Habib Koité. Le public est ravi et le groupe conquiert de nombreux fans à travers l’Europe et les Etats-Unis où le conduit cette tournée. L’Artiste remporte même le BBC Music Award de la Meilleure Révélation.  Pouvait-on rêver de moment plus propice pour la sortie d’un second album ? Dès sa sortie en 2007, Na Afriki est directement propulsé dans les hit-parades de la world music. Le groupe est de plus en plus sollicité et enchaîne performances sur performances. Au point où il faut désormais négocier au moins 6 mois à l’avance pour lui arracher un contrat de spectacle. La discographie de l’artiste s’enrichit même d’un 3ème album avec la sortie de djekpa layou en 2010. Mais malgré ces allures vertigineuses que prend désormais leur carrière, Dobet et son français d’époux ne chôment pas sur le plan conjugal. Le couple à le temps de faire 2 filles : Kimia (la paix) 11 ans et Maeva (bienvenue) 10 mois.

Une artiste panafricaine.
      Dobet Gnahoré est sans aucun doute l’artiste qui intègre le mieux la visée panafricaine du village Ki-yi où elle a été mise en contact avec de nombreuses cultures africaines. Elle chante en français, mais également dans une dizaine de langues africaines dont le Bété de Côte d’Ivoire, sa langue maternelle. Ses possibilités vocales infinies lui permettent de passer avec aisance d’une voix douce et mélodique à une voix chaude et puissante.
      Son registre musical est tout aussi étendu. Elle puise beaucoup dans les musiques traditionnelles ivoiriennes. Mais elle est également à l’aise avec les mélodies mandingues, la Rumba congolaise, le ziglibity ivoirien, le Bikoutsi Camerounais, Highlife ghanéen, les chœurs Zoulou, etc. Elle joue également d’un nombre impressionnant de petits instruments africains : la sanza, le balafon, la calebasse, les bongo. Le résultat de cet éclectisme musical c’est cette musique propre à elle. Une musique panafricaine moderne aux influences afro-pop.
      Sur scène, chaque titre est accompagné d’un travail théâtral et chorégraphique poussé à l’extrême. Il faut en effet beaucoup d’énergie pour exécuter certaines des danses de Dobet Gnahoré. De la gymnastique même quelque fois. Tenez : à un moment donné du spectacle, elle est allongée sur le dos. L’instant d’après, elle se retrouve debout sur ses deux jambes après un bond fulgurant. Essayez ! Tout simplement impossible. Dobet défie les lois de la gravité et c’est ce qui plaît chez cette artiste aux multiples talents.  

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22 déc. 2011

Yasmina Ouegnin, plus jeune depute de Cote d’ivoire.


yasmina ouegnin
      Elle s’appelle Ouegnin Yasmina Frederique Lucienne (ouf!). Elle a été révélée aux ivoiriens à la faveur de la derniere campagne pour les législatives. Elle vient de se voir accorder les suffrages des populations de Cocody pour désormais porter leur voix à l’hémicycle. A 32 ans elle devient le plus jeune député de l’assemblée nationale, et cela, pour les 5 prochaines années. Cette inconnue de la scène politique ivoirienne défendait les couleurs du parti cinquantenaire, le PDCI. C’est à la suite d’une longue séance de dépouillement riche en rebondissements que sa victoire à été proclamée. Une victoire acquise de justesse. Quelque 500 voix la séparaient de Mme Kanaté, son adversaire du RDR. Les 500 voix de la discorde serait-on tenté de les appeler, tant elles ont été disputées par les deux adversaires : contestations, recours en annulation, menaces, appel à la rescousse des différents états-majors politiques. Bref, tout y est passé et on n’était pas loin de la « crise post électorale ». L’affaire est donc portée à la connaissance du Ministre de la Sécurité qui à son tour consulte le Président de la république. Les ardeurs sont finalement calmées et la victoire du petit poucet de la politique ivoirienne est confirmée. Elle s’effondre en larmes dans les bras du Président Bédie qui peine à la soutenir. Puis c’est sur ses pages facebook et twitter qu’elle va répandre la bonne nouvelle qui sera confirmée plus tard par la commission électorale indépendante. Ce happy-end, rien ne le présageait en début de campagne.

C’était pas gagné.
      La fille de l’ambassadeur Georges Ouegnin, my(s)tique chef de protocole du président Houphouët Boigny à beaucoup souffert des préjugés au cours de cette campagne. Parfaite inconnue sur l’échiquier  politique ivoirien, on ne lui connaissait pas d’ambition politique avant ces législatives. La presse à donc vite fait de voir derrière sa candidature la main de son ambassadeur de père, persuadée qu’en cas de victoire ce serait ce dernier qui assumerait l’effectivité des tâches de député dans l’ombre de sa fille. Dès lors la jeune candidate allait traîner son nom de famille comme un fardeau tout au long de la campagne : « fille à papa », « née avec une cuillère en or dans la bouche », tels sont quelque sobriquets qu’on a pu lire dans la presse et sur certains sites internet.
      Son jeune âge également n’a pas été un avantage. Quand on connaît la moyenne d’âge dans notre hémicycle, quand on sait l’enjeu que représentait la commune de Cocody au cours de ces élections, même au sein du PDCI on comprenait difficilement que la direction confie la tête de liste du parti cinquantenaire à cette jeune novice.
      Puis est arrivée cette polémique suscitée par le ministre de la sécurité, lui-même candidat à ces législatives. Une polémique au sujet d’une certaine liste RHDP dans la commune de Cocody. Une incompréhension entre le PDCI et son allié le RDR sur la question du candidat qui conduirait la liste de cette alliance politique. Une polémique où la candidate s’est sentie traitée de « démon de la division » par le ministre. Elle y a même vu une menace planer sur ses électeurs. C’en était trop et la réplique est tombée au cours d’une conférence de presse. Sèche comme une toux de bouc : « j’ai été quand même étonnée qu’un ministre de l’intérieur tienne ce genre de propos. Tout le monde se demandait s’il était vraiment nommé à la bonne place ou si on a eu la gentillesse de lui accorder une présomption de compétence…Je suis très jeune dans la politique. Je ne savais pas que c’était le ministre de l’intérieur qui nommait les députés en cote d’ivoire. Il devrait faire preuve de neutralité ». C’est que Yasmina Ouegnin a du répondant. Elle a su apporter la réplique à chacun de ses détracteurs tout au long de la campagne. Mieux, elle a su retourner intelligemment chacun des éléments qu’on lui reprochait en avantage, et tout ceci, avec beaucoup de diplomatie, prouvant ainsi qu’elle est bien la fille de son père.
 
Une campagne rondement menée.
      Son nom de famille, Yasmina n’en a jamais fait un complexe tout au long de cette campagne. Bien au contraire, elle a largement profité du soutien familial, surtout celui de son père. La benjamine des 5 enfants de Georges Ouegnin en a même abusé quelques fois comme sur cette affiche de campagne où elle pose avec, en filigrane, l’image du père de la nation. Il en est de même du soutien de sa famille politique, le PDCI, dont la présence des dignitaires fut très remarquée à son meeting de clôture de campagne dans le village d’Anono.

LIRE AUSSI: Après 2 mois de formation, Yasmina s'exprime en Anglais (video).

      Avec tous ces soutiens et les moyens dont elle à bénéficié, elle aurait pu mener une campagne à l’américaine. Mais au lieu de cela, la jeune  candidate a préféré une campagne de proximité : porte à porte, visites sur les marchés, don de médicaments aux populations défavorisées, le tout couronné par une caravane dans les différents quartiers de Cocody. Bref, un corps à corps au cours duquel la tête de liste « renouveau » du PDCI a ciblé la jeunesse et les femmes. A cette population, elle a proposé un plan d’actions concrètes qu’elle mènerait en tant que député pour l’amélioration des conditions de la femme et pour sauver l’école ivoirienne. Elle prévoit entre autre d’élaborer un projet de lois pour la règlementation des prix des denrées alimentaires. Au sujet de l’école sa vision est claire : prendre des dispositions légales pour que l’éducation nationale soit une projection sur le long terme des attentes de notre pays en matière de développement. On le voit, le petit poucet du nouveau parlement à une idée très claire de ses responsabilités de député. Elle prend son rôle très au sérieux et cela se ressent jusque dans ses interviews dans la presse.
      Elle fut très certainement la candidate la plus sollicitée  par les médias au cours de ces législatives. Une aubaine dont elle à profité pour  faire montre de ses qualités intellectuelles et de sa bonne connaissance des codes de la diplomatie.Par exemple la chaîne panafricaine Africa24 lui demandait son point de vue sur la non participation du FPI - le parti du président déchu Laurent Gbagbo - aux législatives. Sa réponse est un caviar diplomatique, une feinte politique tout en finesse : « je suis mal placée pour répondre à la place du FPI. Ils sont suffisamment capables de donner des explications eux-mêmes ».
      Férue de nouvelles technologies Yasmina Ouegnin fut également une des rares candidates à recourir aux réseaux sociaux au cours de cette campagne. Elle y soigne particulièrement son image en se présentant aux ivoiriens comme mère de famille, chef d’entreprise et député de la république. Sur sa page facebook par exemple le plus jeune député élu de la dixième législature se dévoile un peu plus à ses électeurs. On peut y découvrir son curriculum-vitae, son parcours professionnel, ses convictions religieuses et politiques, etc. on apprend ainsi qu’elle milite activement au PDCI depuis la fac. Certainement une réponse à tous ceux qui la considèrent comme une parvenue dans ce parti. Sur ces réseaux,  elle rendait compte au jour le jour du déroulement de la campagne, elle répondait aux questions de ses fans et des nombreux curieux et recevait également leurs encouragements. L’honorable y annonce une tournée de remerciement.

 Yasmina Ouegnin, c’est un aussi un Bac+6 !
      Derrière sa belle plastique, se cache également l’ancienne élève de la prestigieuse école polytechnique INPHB de Yamoussoukro, école dont elle est sortie avec un diplôme des Hautes Etudes en Assurance. C’est ensuite à l’Institut de Management desRisques de Bordeaux en France qu’elle terminera son cursus académique.
       Jusqu'à ces élections, Yasmina Ouegnin était D.G de Avedis, un cabinet de courtage et conseils en assurances qu’elle à crée depuis 2005. Professionnelle de l’assurance, elle sera élue par ses pairs Secrétaire Générale de l’Association Nationale des Courtiers d’Assurance et de Réassurance de Cote d’Ivoire (ANCARCI)
      Yasmina Ouegnin, c’est également la militante des droits des femmes et des causes humanitaires. Elle a participé à la création de la Coalition des Femmes Leaders et est impliquée dans de nombreuses actions humanitaires en faveur des personnes défavorisées.
      Vous rêviez de faire de ce bon parti votre épouse ? C’est vraiment dommage. L’honorable à déjà un anneau solidement accroché au doigt par Monsieur Guessennd, son époux. Elle est en outre mère d’une charmante fille de 3 ans. Bonne arrivée Madame le Député dans le monde très rugueux de la politique et bon vent !

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Yasmina Ouegnin et sa famille politique du PDCI.



13 déc. 2011

L’Ingénieure qui soigne le diabète en 6 mois.


Dr Djan Awu Boateng est une naturothérapeute, mais pas n’importe laquelle car, elle est ingénieure en électrotechnique. Intellectuelle accomplie, cette dame a abandonné toute carrière prometteuse dans l’administration pour se consacrer au traitement des maladies par les plantes médicinales. Chose qui lui réussit bien, puisqu’elle s’est spécialisée dans le traitement du diabète, une pandémie qui touche une frange importante de la population ivoirienne.

Un don reçu des parents         
Dr Djan Awu Boateng posant ici, avec à l'arrière plan
ses diplomesde naturothérapeute sur létagère et ses
compositionsmédicales emballées.
Née d’un père Ghanéen et d’une mère Ivoirienne, Djan Awu Boateng exerce à titre de Docteur grâce à un certificat délivré par le Ministère de la Santé du Ghana. Cette dame affirme avoir reçu son don de ses parents pour soulager les âmes en peine. « Je suis née d’une famille de tradition naturothérapeute. Ma grand-mère a longtemps soigné au Ghana. Mes sœurs vivant ici ont fait pareil. Et moi, en dépit de mon niveau intellectuel, je me suis investie dans le traitement de toutes les maladies par les plantes. J’ai étudié en Côte d’Ivoire et bonifié ma formation de naturothérapeute au Ghana, dans des centres spécialisés en la matière» indique-t-elle. Avant d’ajouter, « ma formation a été sanctionnée par plusieurs diplômes. Et j’ai été investie du titre de Docteur naturothérapeute. Autant dire que j’ai fait mes preuves ». Par ailleurs, avec document à l’appui, la praticienne soutient qu’en dépit de sa fonction de naturothérapeute, elle collabore avec les laboratoires, afin de certifier que ses plantes ne présentent aucun danger pour la santé. « Mes plantes et poudres ne sont pas toxiques et ne présentent aucun effet secondaire. Je me base sur les résultats publiés par des laboratoires de renom », certifie-t-elle. Pour donner du crédit à ses dires, elle sort de son tiroir une pile de documents relatifs aux analyses de laboratoires sur ses plantes, et nous les présente. Et de dire fièrement : «je n’utilise que des substances naturelles dont la non toxicité est certifiée ».Toute chose, qui lui a fait gagner l’estime d’un médecin opérant dans une clinique jouxtant son cabinet. Pour ce dernier, Dr Boateng est un vrai médecin, en ce sens qu’elle n’entame jamais un traitement sans avoir, au préalable, pris connaissance des documents médicaux des malades pour réellement connaitre l’origine du mal, afin de mieux le combattre. « En la matière, je suis l’un de ses partenaires. Je consulte, à sa demande, les malades qui se présentent à elle sans dossier d’analyse ou de diagnostic médical». Toutes ces mesures de prudence, au dire du Dr Boateng, visent à ne pas administrer, par inadvertance, un médicament pouvant empirer l’état du malade, au lieu de le rétablir promptement.


Le Centre National de Traitement du Diabete
A Yopougon quartier Maroc, carrefour Tiken Jah, celle qu’on appelait autrefois affectueusement « Ahou championnat » est une personne bien connue. Dans l’espoir d’être délivrés du mal qui les ronge, des malades, tous sexes confondus, prennent d’assaut, souvent de bonne heure, le cabinet de la naturothérapeute. Ce samedi 19 Novembre n’a pas dérogé à la règle car, à peine descendu du taxi qui nous a conduit devant l’édifice où exerce cette dame de renom, notre regard est attiré par une foule attroupée. Un coup d’œil sur la pancarte plantée à proximité du local nous situe: ‘’Centre National de Traitement du Diabète’’. Dans cette pièce qui fait office de clinique et à laquelle nous accédons en jouant un peu des coudes pour nous frayer un chemin sont assis des patients, pour certains dans des chaises en plastique et pour d’autres, sur des bancs. Au dehors, c’est quasiment la bousculade, malgré le rang qu’on essaie de respecter, tant bien que mal. Lasse d’attendre mais déterminée à entrer dans la salle de consultation, une dame avec une grosse enveloppe dans la main, ne cesse de gesticuler, signe probable d’énervement ou d’impatience.

Passage à la radio nationale.
Après maintes insistances, elle finit par nous confier la raison de sa présence en ce lieu. « Sur les ondes de la radio nationale, j’ai entendu le Dr Boateng avancer qu’elle soigne le diabète. Affirmation corroborée par certaines connaissances et patients guéris. L’enveloppe que vous voyez entre mes mains contient le résultat qui prouve que je souffre du diabète. Je suis donc venue mettre mon sort entre ses mains», a-t-elle déclaré. A côté de cette trentenaire au visage anxieux, un jeune dans le rang, visiblement intéressé par notre question nous apostrophe : « elle guérit définitivement le diabète, si vous suivez à la lettre le traitement indiqué. J’en suis la preuve tangible. Après avoir fait le tour des hôpitaux pour des dialyses à des coûts faramineux et visité certains tradipraticiens, sans succès, la mort dans l’âme, je suis venu la voir. Et, au bout de quelques mois, j’ai été totalement guéri»,  a-t-il témoigné. Avant d’ajouter que c’est fort de cela qu’il est venu accompagner son père, lui aussi souffrant du même mal. Il pointe son doigt en direction d’un vieillard recroquevillé, car trop âgé pour faire le pied de grue, sous un arbre qui surplombe cet espace. Rassérénés par ce témoignage, nous promenons notre regard sur les malades qui bondent la salle d’attente, avant d’entrer dans le bureau qui sert de salle de consultation au Dr Boateng. Nous l’y trouvons, le visage radieux, s’affairant à recevoir, à proposer et à expliquer la posologie des médicaments à ses malades ; ce, après les avoir écouté et après avoir consulté leurs analyses médicales. S’octroyant une pause pour nous recevoir, elle nous informe qu’elle soigne totalement le diabète.


Durée du traitement : 6 mois.

« Avec mes plantes, je traite le diabète en 6 mois, un temps record. Car, contrairement à la dialyse pratiquée à l’hôpital et qui consiste à ponctionner et à filtrer le sang pour en diminuer le taux élevé de sucre, mes plantes régénèrent les cellules mortes dans le corps humain», indique-t-elle. « C’est au vu de ces résultats, a-t-elle poursuivi, que je me suis spécialisée dans le traitement du diabète. Dieu merci, cela me réussit bien. En témoigne la cohue que vous voyez devant mon centre». Et de s’empresser de relever qu’en plus du diabète, elle soigne toutes les maladies qualifiées de graves telles que l’hypertension, la tension artérielle, l’accident vasculaire cérébral, le zona, l’insuffisance rénale, la stérilité masculine et féminine etc. A ce sujet, s’estimant redevable à jamais de celle qu’il considère comme sa bienfaitrice, Jean-Jacques, un patient de passage, nous confie : « J’ai aujourd’hui un enfant grâce aux plantes du docteur. Chose à laquelle j’avais renoncé lorsque, de façon unanime, les médecins que j’avais consultés avaient scellé mon sort en concluant que je ne pouvais plus avoir d’enfant. Chaque fois, quand je peux, je viens lui dire bonjour en signe de reconnaissance. Je conseille à toutes les personnes souffrant de la stérilité de venir la voir », a-t-il avancé. Dr Boateng, affirme aussi combattre efficacement les crises hémorroïdaires, communément appelées koko, qu’elle considère comme la mère de toutes les maladies. « Le koko, par ses ramifications, est à la base de 99% des pathologies. Soigner les malades qui en souffrent, revient à éradiquer les autres maladies », précise-t-elle.

Le soutien des confrères médecins

« Si une plante peut guérir, elle peut aussi tuer. Il faut donc agir avec prudence et professionnalisme », précise-t-elle. C’est d’ailleurs fort de ce professionnalisme que le Dr Touré, un membre du Programme National de la Promotion de la Médecine Traditionnelle, a plaidé largement en faveur de cette praticienne dans le choix de sa structure, parmi les cabinets certifiés à exercer sur le territoire ivoirien. « Je connais et travaille avec Dr Boateng depuis des années. Conscient de l’efficacité et du pouvoir de ses plantes, il arrive que je conseille des patients de recourir à sa science quand la médecine moderne atteint ses limites, surtout concernant l’hépatite B», a-t-il renchéri. Autant de témoignages concordants qui confèrent à la naturothérapeute des qualités indéniables de médecin crédible et sérieux.

                                                                                                                                 Source: le Mandat. 

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5 déc. 2011

Ma colocataire est une souris.

Autant vous le dire tout de suite : je ne suis pas de ces personnes qui en mal de compagnie adoptent un animal à qui elles finissent par léguer biens et fortune quand elles viennent à défunter. Loin de là ! J’ai par chance encore quelque  famille qui me témoigne ce que je crois être de l’affection et je le  rends bien. Question fortune, mes héritiers gagneraient à être plus ambitieux car tout ce dont ils hériteront sera très probablement des dettes. Non je n’ai vraiment pas le profil d’un « souriphile ». Je suis tout simplement une des nombreuses victimes de ce proverbe qui dit qu’on choisit ses amis mais qu’on ne choisit pas ses voisins. Cette souris, elle s’est tout simplement imposée.


          Elle n’a rien de ces grosses souris qui vous effraient au détour d’un tas d’ordures. Non. C’est au contraire une de ces toutes petites dont la taille est inversement proportionnelle à la capacité de nuisance. Elle a posé baluchons et colis à la maison sans crier gare et en violation de toutes les règles de colocation. Quand à eu lieu le déménagement ? Personne à la maison ne saurait le dire. Nous nous sommes simplement aperçus de sa présence le jour où, satisfaite de sa nouvelle demeure, elle nous à laissé ses premières crottes sur la cuisinière à gaz. On a bien essayé de lui faire comprendre que la colocation est basée sur un minimum de respect entre les deux parties contractantes : courses poursuites nocturnes, coups de pilon, piège à rat, raticide. Rien n’y fit. Elle avait décidé que nous cohabiterions et que rien ne lui ferait changer d’avis. C’est donc la mort dans l’âme que nous nous sommes résolus à accepter notre nouvelle voisine.
           Passées les incompréhensions des premiers moments, la cohabitation se déroulait bien : la voisine nous laissait ses crottes pendant la nuit et nous devions les ramasser le lendemain ; elle urinait dans les ustensiles et nous devions les déménager chaque soir pour lui faire de la place dans « sa » cuisine ; elle bouffait le pain qui devait servir au petit déjeuner du lendemain et nous devions nous contenter des restes qu’elle avait bien voulu nous laisser. Lorsque ces restes étaient trop sérieusement amochés, il fallait racheter du pain le lendemain matin. Vraiment nous nous accommodions bien de ses habitudes jusqu’à ce soir où, contre toute attente, notre chère voisine foula à la patte toutes les règles de bon voisinage.  
            Elle est arrivée ce soir-là aux environs de 22h00, contrairement à ses habitudes. La grosse pluie qui était tombée quelques heures plus tôt devait être pour quelque chose dans  ce retard. Elle s’est immédiatement dirigée vers « sa » cuisine puis en est ressortie presqu’aussitôt, s’étant certainement rendue compte que, pour une fois, nous ne l’avions pas attendu pour le dîner. Elle entreprit alors de grimper l’étagère à pain pour se servir sa part comme à son habitude. Mais plus entreprenant qu’elle ce soir, je me précipitai sur l’étagère à pain. J’en retirai le pain que je m’en allai enfermer dans l’armoire de la chambre à coucher. Une grosse journée m’attendait le lendemain et il n’était pas question que ma souris de voisine m’obligeât à sortir acheter du pain le lendemain matin. Mais c’était mal connaître cette dernière qui allait me faire payer cette effronterie. Elle se mit à trouer dans tous les sens le sac à pain vide que je venais de lui laisser sur l’étagère. Je m’en allai au lit sur ces entrefaites, croyant l’incident clos.
               Aux environs de 3 heures du matin, heure à laquelle Morphée dispense généralement son sommeil le plus doux, je fus réveillé par des bruits de griffures derrière la porte. La souris grattait de toutes ses forces comme pour se creuser un passage. Je comprenais enfin que cette bestiole avait un plan pour toute la maisonnée : personne ne dormirait tant qu’elle n’aurait pas sa part de pain. Le sommeil encore plein les yeux, je réussis à pulvériser un peu d’insecticide sur le pas de la porte, persuadé que l’odeur viendrait à bout de sa rancune. Mal m’en a pris. Elle revint de plus belle, cette fois en rongeant carrément les parties que je venais de pulvériser. J’aurais volontiers engagé ce bras de fer jusqu’au petit matin, mais je tombais littéralement de sommeil et la perspective de la rude journée qui m’attendait le lendemain ne m’incitait guère à l’affrontement. Aussi ais-je à mon corps défendant fini par ouvrir ma porte à cette souris. Elle n’en demandait pas plus pour aller se loger dans l’armoire et se nourrir copieusement. Voici à quel prix j’ai eu le sommeil l’autre soir.
                Je suis encore à couteaux tirés avec ma colocataire au moment où j’écris ces lignes, notre différend n’ayant  pu être réglé à ce jour. D’autre part, des envies de souricide me font une cour assidue ces derniers temps. On m’a dit que les réseaux sociaux pouvaient s’avérer très efficace pour les personnes dans ma situation. J’attends que la magie opère.

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28 nov. 2011

Bloomfield Investment CO: Premiere agence de notation financiere de Cote d’Ivoire.


Trois agences de notation font la pluie et le beau temps sur les marchés financiers de la planète : Standard & Poors (S&P), Moody’s et Fitch. Les Big Three comme on les appelle ont le quasi monopole de la distribution des trois petites lettres qui déterminent la solvabilité de chaque état du monde (A, B et C). Il faudra désormais compter avec Bloomfield Investment Corporation, la première et seule agence de notation de Côte d’Ivoire, mais également l’une des trois agences de notation financière en Afrique après celle de l’Afrique du Sud et du Nigéria. Son fondateur et Directeur Général est notre compatriote Zeze Stanislas.

Zeze Stanislas, DG de Bloomfield Investment CO.
     Comme ne l’indique pas son nom, Bloomfield Investment est une entreprise 100% ivoirienne basée dans le paisible quartier de Cocody Mermoz à Abidjan. Elle est l’une des trois filiales de Bloomfield Financial Group. Sa spécialité est de noter la capacité et la volonté des entités qui empruntent à faire face à leurs obligations. Mais pas seulement. Elle prépare également les entreprises et états à la notation financière. Plusieurs entreprises Ivoiriennes dont La Loyale d’Assurance, Pétro Ivoire, Simat, le Fond d’Entretien Routier sont déjà passées au crible de la notation de Bloomfield Investment.

Son système de notation
         Son système de notation est innovant parce qu’il établit une correspondance entre sa propre échelle de notes destinée aux entreprises africaines et l’échelle de notes utilisée par les grandes agences de notation internationales. Elle évite ainsi le piège d’un système de notation non adapté à l’environnement régional. Ses notes sont reconnues par les autorités des marchés Européens. Mieux, en tant que seule agence en activité dans l’espace UEMOA, elle devrait devenir la première agence de notation financière à être agrée par la Bourse Régionale de Valeur Mobilière (BRVM).

Zeze Stanislas, pionnier de la notation financière.
          Zeze Stanislas est Conscient de son rôle de pionnier de la notation financière en Afrique Francophone. Il est surtout conscient que la crédibilité et l’expérience sont les actifs les plus importants d’une Agence de notation. Aussi a-t-il imposé un code de bonne conduite aux  grosses têtes dont il s’est entouré dans cette entreprise. Ce sont tous des experts bilingues issus des meilleures Universités et écoles du monde. Il est lui-même loin d’etre un parvenu dans son domaine : diplômé en science politique et économique de l’Université du Michigan et titulaire d’un Master en administration publique avec une spécialisation en gestion des risques financiers. Il a aussi étudié le droit des affaires à l’Université de Nantes en France. Ses vingt ans d’expérience en gestion de risque financier, il les à acquises dans les plus prestigieuses institutions financières mondiales : Senior Risk Analyst à la Banque Mondiale, Directeur du Risque PME-PMI à la National Bank of Detroit, Senior Credit Analyst à la Banque Africaine de Développement, Directeur Régional du Risque Crédit pour l’Afrique de l’ouest et du centre à Shell Oil Product Africa. 
C’est donc en homme averti qu’il plaide pour la notation financière de la Cote d’ivoire.

La Cote d’Ivoire Bientôt AAA dans les agences de notation ?
               Les états africains qui empruntaient depuis les indépendances auprès des institutions de Bretton Woods (FMI, Banque Mondiale) se rendent compte aujourd’hui  que cette tendance n’est plus viable. Ils diversifient désormais leurs sources de revenus en empruntant aussi sur les marchés financiers. Pour devenir plus attractifs sur ces marchés et  réduire les coûts de leurs emprunts, 18 pays Africains ont sollicité la notation de leurs dettes par S&P en 2010. Les meilleurs élèves de ces classements étaient le Botwana (A+), l’Afrique du Sud (A), la Tunisie et la Lybie (A-). Les moins bien notés étaient le Gabon, le Cameroun, le Sénégal, le Burkina et l’Egypte (BBB-). Malheureusement, la côte d’Ivoire n’a pas encore entamé le processus qui doit conduire à sa notation. Et cette situation inquiète le PDG de Bloomfield Investment. Il avertit dans un hebdomadaire de la place que sans note Financière, la Cote d’Ivoire court un risque. Et d’expliquer qu’une mauvaise note vaut mieux que pas du tout de note car sans note, notre pays est systématiquement suspecté d’avoir une mauvaise qualité de crédit, ce qui l’oblige à emprunter à des taux d’intérêts plus élevés que nécessaires. Les choses devraient changer à court terme avec les négociations engagées par l’état avec le FMI et qui doivent aboutir à l’obtention du point d’achèvement de l’initiative PPTE. La quasi-totalité de la dette ivoirienne sera annulée à cette occasion. Nul doute que quand arrivera ce moment,  les autorités se tourneront vers Bloomfield Investment Pour la notation Financière du pays.

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